Prisse p' Avenues, L'art égyptien, texte, p
Hassan représentant l’arrivée en Égypte d’une partie de la tribu des ’Amou, les fonctionnaires égyptiens, qui sont au commencement du tableau occupés à enregistrer les arrivants avec leurs apports, ontles chairs rouges, ce qui est la couleur ordinaire des Égyptiens; les deux premiers Sémites qui suivent conduisant des antilopes sont de même couleur; les quatre suivants sont de couleur jaune clair, ainsi que les quatre femmes qui viennent après; tandis que les deux hommes qui ferment la marche sont d’une couleur un peu plus foncée que ceux qui précèdent. A côté de cette bizarrerie, voyez les couleurs nuancées de deux antilopes, celles plus unies de deux ânes, et surtout celles des vêtements merveilleux des hommes, vêtements qui ont fait penser à la tunique de diverses couleurs1 donnée par Jacob à son fils Joseph, suivant la Genèse, et essayez de comprendre pourquoi, d’un côté, l’artiste égyptien a employé une couleur si fausse, lorsqu’il lui eût été si facile de la rendre exacte, et de l’autre côté il a rendus heureusement les couleurs réelles des animaux qu’il peignait. De même dans le tableau de l’arrivée d’une princesse éthiopienne en Égypte, pendant la XVIIF dynastie, vous verrez que les nègres qui accompagnent la princesse alternent de couleur, que les uns sont noirs, comme il leur convient, et les autres rouges avec un type négroïde très prononcé, ce qui ne s’est jamais vu. Cependant, quand ils l’ont voulu, les peintres de l’Egypte ont bien su rendre la couleur particulière de la peau des Égyptiens. Voyez le magnifique portrait de la reine Tii, de Ménépetah Ier et, dès les premières dynasties, la statue coloriée du scribe Khafra. La reine Tii, quoiqu’un peu trop peinte couleur de café au lait, a cependant la peau de la couleur qui est encore maintenant si chère aux Égyptiens chez les femmes et qu’ils prisent beaucoup plus que la couleur blanche. La couleur de la peau de la reine Nebeltaoui est encore plus rapprochée de la blanche. Enfin, la coloration est frappante entre les diverses parties du corps de Ménépetah Ier, entre la partie de son corps qui était habituellement exposée au soleil, et celle qui ne l’était qu’occasionnellemenl, entre les bras ordinairement nus, ainsi que la ligure, et la peau du ventre qui apparaît et qu’a parfaitement rendue la coloration de la peau humaine en cet endroit.