Maspero, Études égyptologiques, II, p
Pl. xcv
Cinquième tombeau d’El-Amarna, paroi d’entrée a gauche. (D après les dessins de Nestor L’hôte, papiers, XI, pl. g.)
les passent deux princesses représentées à gauche du balcon et dont les mains en sont pleines. En dessus de ces deux premières princesses, trois autres de leurs sœurs 1 sont représentées, l’une sortant à peine de la première enfance et qui est caressée par une sœur plus grande. Le balcon est placé dans une cour où sont rangés à gauche les porte-ombrelles, les tlabellifères et les autres employés du palais; à droite le bénéficiaire qui garde ses sandales en présence du roi, qui reçoit les bijoux dont le comble le Pharaon et qui est suivi de deux autres membres de sa famille participant sans doute à la faveur dont le chef est honoré. Derrière eux viennent les port e-flabellum déjà mentionnés. En dessus sont les scribes penchés en avant et occupés à écrire les paroles du Pharaon, à enregistrer le nombre des colliers qu’il confère. En dessus encore sont les chars qui ont amené la famille royale avec leurs cochers et leurs sais, et tout au haut des officiers dont on ne voit pas bien le rôle qu’ils jouent, à moins qu’ils ne soient uniquement occupés à regarder et à écouter. Le devant du balcon royal était sculpté et contenait sans doute des représentations de prisonniers. Deux mâts élèvent leurs banderolles de fête en avant du kiosque, et tout à fait en face est le mur d’enceinte, percé tout au moins de deux portes.
Le mur qui suit la partie droite du mur d’entrée est tout entier décoré d’une seule scène, le triomphe du roi d’Aménophis IV sur toutes les nations qui composaient son empire à l’extérieur de l’Égypte, nations du nord ou asiatiques, nations du sud ou africaines. Au milieu de la paroi s’élève, sous un édicule en bois, soutenu par deux colonnes, avec corniches surmontées des uræus royales, le trône sur lequel sont assis le Pharaon Khouenaten et son épouse Nofrénofriouaten , la mitre en tête, vêtus de robes transparentes avec de larges ceintures flottantes, des sandales aux pieds et les pieds appuyés sur un large coussin. La reine passe amoureusement son bras droit autour de la taille de son mari et sa main gauche s'implique à la main gauche de son royal époux : c’est le tableau vi-
1. Le nom des filles du couple royal ici représentées n’est pas donné; en comptant toutes celles qui sont nommées sur les monuments on arrive à voir qu’il y en avait huit : c’est un joli chiffre pour un roi eunuque! voici leurs noms : Meritaten, Onekhesenaten, Maketaten, Nofernofriouaten, Pascherat(la petite), Nofernolfiourà, Sotepenrâ et Atenbaket.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
vant de l’amour conjugal s’il faut s’en rapporter à ce dessin \ Derrière le couple royal sont six princesses, toutes dans une pose différente et naturelle, l’une portant entre ses bras sa gazelle apprivoisée que caresse sa sœur. On accède à l’estrade sur laquelle est dressé le trône par deux escaliers, ou plutôt par deux plans inclinés, s’il faut en juger par le dessin cicontre. Au bas de l’estrade sont rangés les officiers, puis les deux chaises à porteurs, l’une pour la reine, l’autre plus ornée, avec des prisonniers devant les colonnettes, pour le roi : toutes deux avec un lion sculpté sur l'un des côtés et un sphinx coiffé de diverses coiffures selon la chaise, du disque entre les deux plumes pour celle delà reine, du pschent ou réunion des deux couronnes pour le roi. En avant du sphinx de la chaise du roi un prêtre courbé, tenant son mouchoir de cérémonie de la main gauche, présente de la droite une cassolette où brûle de l’encens. Tout le côté droit jusqu’à la hauteur du plan incliné par lequel on monte sur l’estrade est occupé par l’apport des tribus africaines ; tout le côté gauche jusqu’en bas par la scène du triomphe sur les peuplades asiatiques, avec un petit retrait dans lequel prennent place les premiers personnages égyptiens qui transportent les tributs ou qui font partie de l’armée victorieuse. Ces personnages, l’armée, les chars et les officiers de la cour, occupent tout le reste du tableau. Cette dernière partie de la décoration se subdivise elle-même en deux parties, l’armée et la cour. L’armée est représentée par deux registres de soldats sous la conduite de leurs chefs, tournés vers la droite : d’abord des lanciers et des hommes armés du bâton recourbé; puis au registre supérieur des gens armés de casse-tête et de haches, portant une coiffure ornée de plumes d’autruche retenues par un ruban, comme les chefs sauvages armés en guerre de l’Amérique. Au-dessus du premier de ce rang six autres guerriers sont étagés les uns au-dessus des autres, dont quatre n’ont pas la coiffure à plume, pendant qu’un septième est derrière les quatre derniers. Devant cette armée tournée vers la droite sont les officiers de la cour tournés vers la gauche et se trouvant ainsi face à face avec les premiers des soldats; en bas trois bouviers conduisant leurs taureaux et portant un bouquet, le premier tenant en plus quatre canards dans sa
1. Ce trait ne paraît pas dans le dessin ci-contre, il se trouve dans Lepsius.
Cinquième tombeau d'EiI (D’après les dessins de Nesl
Pl. xcvi
Pliototypie Berthaud, Paris.