‹ Histoire de la soieChapitre 100 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. II

brodé en or, d'étoffé de soie de la Chine et de Toster, de tout genre et de toute couleur. Chaque tente était accompagnée de tous les meubles et des ustensiles nécessaires . On y voyait des colonnes couvertes d'argent 5 des tapis dorés ou non dorés, des vases d'argent et des cordes revêtues de coton ou de soie. Quelques-unes de ces tentes étaient si vastes qu'il fallait vingt chameaux ou même davantage, pour porter les différentes pièces dont elles étaient composées (1). »

Ce luxe des Fatémides, qui ne gouvernaient qu^une partie des provinces formant Tempire arabe , ^laisse supposer ce que devait être le luxe des Afibassides. Au moment de la décadence de ces derniers ^ au dixième siècle , sous Moctader-BilMi on voit encore , pour la réception d'ambassadeurs venus de Constantinople , tendre dedans et autour du palais^ à Bagdad^ a trente* huit mille portières do;it il y en avait douze mille de soie et cinq cents de brocart d'or, avec douze mille cii}q cents tapis d'un ouvrage excellest (S). » Quelle

(4) Qttâireinère^ ibid,, p. 380* Oo peut rapprocher dé ce réeii celui que Guillaume de Tyr fait du pillage du camp des Turcs par les croisés après la défaite de Corbogalhsouslëdmùi^ d^Aniioche. Parmi les riches dépouilles nn remarquait la tente du prince ture t elle était construite comme une ville munie de toyrs, de murailles cl de remparls ; de riches tentures de soie en couleurs variées la recouvraient. Elle était subiiviséeen uu grand nombre de logements pouvant contenir deux mille hommef. WilL (yr. hist.y lib. VI. Gesta dei per Francost pi 7â6.

(5) D'Herbolot, Bibliothèque orimtaley au mot M9Ciadei\

place devaient avoir les soieries dans la magnificence et les profusions des khalifes du huitième siècle et du neuvième (1), Motassem, Âlmahdi, Haroun-al-Raschid, Almamoun ! Alors les richesses de toutes les provinces musulmanes affluaient à Bagdad ; alors Tempire arabe avait toute son intégrité, et les voyageurs qui allaient en Espagne en traversant toute T Afrique septentrionale, entendaient dans toutes les mosquées retentir le nom craint et respecté des khalifes de Bagdad.

Mais nous nous laissons captiver par le charme des souvenirs du passé revivant dans le présent ; nous nous oublions dans xette brillante Egypte, en la voyant de nouveau, intermédiaire entre TOr^ent et T Occident, livrer les produits de ses riches industries et aussi les soieries de toute TAsie aux nations européennes dont les navires affluent dans le port d'Alexandrie (2). Et cependant notre étude du commerce et de l'industrie des soieries dans Tempire arabe est loin d'être terminée : il faut que nous allions jusqu'aux terres musulmanes que baigne Tocéan Atlantique. Les routes commerciales que^ nous avons prises près des frontières occidentales de la Chine ne s^arrêtaient pas en effet en Egfpte. Les caravanes, en quittant Fostat, suivent la région septen-

(4) OElser, p. 246. — Sédillot : Histoire des Arabes, p. 485.

(2) Les reaseignements sur le commerce d'exportation ont été réservés pour le troisième chapitre, dans lequel nous nous pro* posons d*étudier la consommation des soieries en Europe.

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