DEUXIÈME PARTIE. GH. II
trionale de TÂfrique, visiieut Barka, Sort, Tarabolos (Tripoli), Càbes, Kairowan, Mesila, Fez, et atteignent le port de Sus, situé sur TOcéan. A cette artère principale se rattachent des ramifications qui conduisent au Nord vers les ports célèbres et très commerçants de Tunis, Bone, Bougie, Alger, Ceuta; au Sud, dans le pays des noirs où Tislam pénètre jusqu'à la ville de Ghana, située yer» le douzième degré de latitude.
« Dans rintérieur de l'Afrique, dit M. Pardessus (1), les caravanes s'avancèrent, en suivant les anciennes routes commerciales, jusqu'à la Nigritie et au pays de Soudan. Tocrur, Sala, Samkara, Ghana sont indiquées par les géographes arabes comme les lieux voisins du Niger, d'où Ton rapportait de For, de l'ivoire, des peaux de tigre et des esclaves. Ce que nous savons de la manière, dont s'opéraient les échanges avec les naturels, rappelle le commerce muet des Carthaginois dans le même pays. Le siège principal de ce commerce avec rintérieur de l'Afrique était dans la partie septentrionale, connue déjà sous le nom de Barbarie qu'elle a conservé, et dans les pays qui forment aujourd'hui les états de Fez et de Maroc. Ces provinces étaient aussi le lien des communications maritimes de l'Espagne soumise aux Mahométans. »
IlestàremarquerquelesRomains n'avaient pu vaincre
(t) Introduction à la collection des lois maritimes, p. 85.
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les peuples de TAfrique, et encore moins se les ewsimi- 1er t ils s'étaient bornési à exercer leur domination sur les villes du littoral. Les Arabes, qui ne voulaient pas si contenter d'une demi-conquéte, s'ob»iinèrent à sou^ mettre ces tribus nomades qu'on désigne sous le nom Collectif de Berbers (1); ils échouèrent aussi en ce sens qu'après soixante-dix ans d'une guerre acharnée, ils durent renoncer à en- faire un peuple conquis^ et, pour obtenir que les Berbers déposassent les armes^ durent proçiettre de les traiter en égaux (2) .
(1) « Ôq entend par Berbers lesnatiotis indigènes du mont Atlas » et des coûlrées voisines, depuis les oasis de l'Egypte jusqa*à TO- M céan atlantique, depuis la mer Méditerranée jusqu'au pays des n Nègres. On les distingue à leur teint olivâtre, leur nez droit, » leurs lèvres minces, leur visage arrondi* On croit que ces peu- » pies précédèrent en Afrique rétablissement des Tyriensà Car'» )) tbage, et même Témigration de ceriaines peuplades du pays de » Ghanaan, du temps de Josué et de David. Jaipais ces peuples » ne furent entièrémôtit asservis ; à Tabri de leut^ montagnes, ils » ont conservé^ leur nationalité et leurs usages. Les Grecs et les » Romains les désignèrent sous le nom général de Barbares^ d'eu » probablement s'estformé le nom deBerber. Pour les Berbers, » ils ft*appéllent eux-^mômes Amazfghs eu nobles^ i&ot qui parait » répondre aux Mazyce» des Grecs et des Romains. » M.Reinaud^ Invasions des Sarrazms en Ftamé^ p. 232.
VHistoire des Berbères dé Ibn-»Khaldoun, traduciidn'^dé M. de S^ane, tome lu, p. 467 et suivi, offre dé très intéressants détails sur Torigine des Berbers^ les pays qu'ils occupaient et leur caractère. — Voir aussi M. Dozy, Histoire desMusuîmùns d*Ëspagnè, ioméi> th. X.
(2) Les Berbers se révoltèrent toutes les fois que les gouverneurs arabes voulurent leur imposer des tributs. Impatients du joug étranger, on les voit embrasser toutes lès doctrines hérétiques