‹ Histoire de la soieChapitre 115 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. Cfl. II. 2S · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. Cfl. II. 2S

fondé des empires sur les ruines de Tempire romain d'Occident, cette supériorité intellectuelle les expose souvent à des mécomptes et à des persécutions, l'histoire raconte cepeifdant de quelle ressource elle a été pour eux , surtout si on considère leurs connaissances en médecine (1), dans tous les pays où leur génie cij^mmercial les conduisit. Il fallait, pour qu'ils eussent quelque indépendance, qu'ils se rendissent non-seu* lement utiles, mais nécessaires.

Au reste, en étudiant quelle a été la consommation des étoffes de soie dans l'Europe occidentale , nous allons retrouver les Juifs : ils étaient, nous l'avons dit, les intermédiaires du commerce avec l'Orient. Ils n'ont pas dans l'Occident chrétien la considération et la liberté qu'on leur accordait souvent dans les pays soumis à l'islamisme (2) ; là, ils sont des commerçants, et leur

(4) » On trouve leurs médecins établis dans un grand nombre » de cours^ tant chrétiennes que musulmanes. En France, en j> Angleterre, en Espagne, en Portugal^ partout^ les souverains » avaient des médecins juifs, Les papes en ont eu jusqu*au sei- » zième siècle. » Depping, les Juifs dans le moyen âge, p. 93.

(2) M. Bédarride donne un exemple de cette alliance des sciences avec les habitudes commerciales chez les Juifs du moyen âge : c*est en parlant d*Isaac beo Baruch, de Cordoue^ rabbin très célèbre du onzième siècle et savant mathématicien. « Sa famille, dit «rhistorien, était distinguée dans le commerce, elle était citée sur- « tout pour la fabrication de la soie.» Les Juifs en France^ en Italie et en Espagne, p. 416.

11 est juste de faire observer que, parmi les Arabes aussi, les commerçants ont eu parfois une illustration littéraire. Ibn-Haukal était un négociant, et comme lui, beaucoup d'autres négociants

condition , en rappelant celle où ils se trouvaient en Asie et en Espagne ayant la conquête des Arabes, nous laissera voir encore mieux tout le terrain qu'ils ont gagné.

« Ce n'est pas qu'ils n'essuyassent aussi quelques tribulations sous ces nouveaux maîtres que le sort ou leur propre choix leur avait donnés. Vers le milieu du neuvième siècle, ils avaient été enveloppés dans la persécution que les Musulmans avaient suscitée contre les chrétiens de l'Andalousie. . . Les progrès de leur commerce et de leur industrie ainsi que la célébrité croissante de leur synagogue leur firent promptement oublier ces maux, légers en comparaison de ce qu'ils avaient souffert constamment sous les rois virisigoths (1). »

Il en avait été de même dans l'Asie arabe ; plus d'une .persécution y avait décimé les Juifs et donné raison aux prophéties (2) : il est écrit que la fille de Juda ne trouvera nulle part un repos stable.

ont laissé des relations de leurs voyages et des observations précieuses sur les pays qu'ils parcouraient. Pour nous^ le nom le plus célèbre à recueillir, c'*îst celui de Abou Mohammed Rassem, surnommé Haririy parce que sa famille ou lui-même travaillait ou vendait la soie, karir* Son ouvrage, Mekanuxt, Séances, est une des gloires de la littérature arabe. De Sacy en fait un magnifique éloge dans sa Chrestomathie arabe^ t. ni, p. 488.

(4) Depping, les Juifs dans le moyen âge.

(2) « Migravit Judas propter afflictionem et multitudinem servitutis ; habitavil ioter gentes, nec invenit requiem. » Jeremiœ 'prophetœ Lamentaiio.

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