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CHAPITRE III

CpMimerce des ik»ierles en Europe.

Après avoir recherché quels étaient les pays où Ton produisait la soie et les soieries, nous avons à suivre ces produits dans la consommation européenne. Nous prendrons la route que Mousa, Témir africain conquérant de l'Espagne, projetait d'ouvrir, par un retour vers rOrient au travers de la chrétienté, jusqu'à Bagdad à l'islamisme triomphant; et, contournant la Méditer* ranée, nous visiterons successivement la Gaule, l'Italie, l'Allemagne et les pays slaves. Ainsi viendra se terminer à Constantinople, notre lieu de départ, ce long voyage à travers l'Asie, l'Afrique et l'Europe, à la recherche des contrées où la civilisation aurait pu amener le luxe, et dans lesquelles l'histoire de-lasoiedu septième au douzième siècle doit signaler ici une industrie naissante, là une prospérité continue, partout un commerce actif.

II est une observation générale que les chapitres pré-

su HISTOIRE DE LA SOIE.

cédents font prévoir : en dehors de Fempire byzantin et des provinces arabes, il ne saurait être question de l'industrie de la soie. Nulle part ailleurs on ne fabrique des étoffes de soie, encore moins recueille-t-on de la soie.

Nous ne rappellerons pas le caractère de Tinvasion des Franks : le chant de guerre que Chateaubriand (1) fait entonner par les sauvages compagnons de Pharamond, les magnifiques études de M. Augustin Thierry sur les temp§ mérovingiens, les savantes leçons de M. Guizot nous ont fait vivre au milieu de nos pères, les conquérants de la Gaule.

Au nord de la Loire règne la barbarie contre laquelle le christianisme lutte durant le septième et le huitième siècles. Avec elle pas d'industrie possible au milieu des désastres, des crimes et de la misère que Grégoire de Tours a racontés. A peine trouve- t-on quelques années de trêve sous le règne de Dagobert, si toutefois on peut nommer règne (2} la domination contestée d'un Méro-

(I) Les Martyrs, lib. yi.

(t) « Qu*y a-Uil de moins confonne à l'idée d*un. roi, suivant » DOS mœurs, que ces enfants de Merowig^ à la longue chevelure » bien graissée^ npn point avec du beurre rance comme celle des » simples soldats germains, mais avec de Thuile parfumée ? Véri- » tables chefo de nomades dans un pays civilisé, ils campaient » ou se promenaient à travers les villes de la Gaule, pillant par- » tout, sans autre idée que celle d'amasser beaucoup de richesses » en monnaie, en joyaux et en meubles; d*avoir de beaux habits, » de beaux chevaux, de belles femmes, et enfin ce qui procurait

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