‹ Histoire de la soieChapitre 118 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. Cil* III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. Cil* III

vingien, chef autour duquel se groupent ses leudes toujours prêts à piller et à guerroyer.

Dans les provinces orientales de la Gaule, des peuples plus policés s'étaient établis. Tandis que la loi salique

assimile le Romain au lite^ germain de la dernière con-

dition, cultivateur forcé des domaines de la classe guerrière (1) et Té value à la moitié d'un Frank; tandis que cette même loi classe au môme niveau le porcher et le vigneron (2), la loi des Burgondes (3), tolérante pour les vaincus, ne fait aucune distinction entre le Romain et le Barbare quant à l'amende, Whergeld^ à exiger de leur assassin et montre une certaine estime pour l'industrie, puisqu'elle punit d'une amende différente le meurtre d'un esclave, habile ouvrier en or, le meurtre d'un charpentier et celui d'un porcher (4). Toutefois

» tout cela, dos compagnons d*armes bien déterminés, gens de » cœur et de ressource, comme Teipriment les anciennes chro- » niques. » Aug. Thierry, Lettres sur t* histoire de France^ p. 455.

(4) Aug. Thierry, Lettres sur Vhistoire de France, p. i09.

(5) Lex scUica^ xi, 5 .

(3) « Avant leur établissement à Touesl du Jura^ presque tous » les Burgondes étaient gens de métiers, ouvriers en charpente » et en menuiserie. Ils gagnaient leur vie à ce travail dans les » iotervalles de paix, et étaient ainsi étrangers à ce double or- » gueîl du guerrier et du propriétaire oisif qui nourrissait Tin- » science des autres conquérants barbares.» Lettres sur l'histoire de France y p. 93.

(4) Voici la gradation établie par la loi Gombeitc : « Pour le » meurtre d'un cultivateur ou d'un porcher, XXX sous, pour un

Si€ HiSTOIRE DE LA SOIE-

les OMPurs étaient rudes, et les artisans avaient à satisfaire aux nécessités de la vie et non aux exigences d'un luxe raftine.

Plus civilisés sont les Wisigoths qui occupent le midi de la Gaule et toute l'Espagne ; la cour de Toulouse et la cour de Tolède avaient conservé les traditions romaines. Industrie, commerce, mouvement littéraire, tout contribuait à donner de Téclat à ces contrées 1\ dont les Franks firent la conquête, mais dans lesquelles ils ne s'établirent que fort tard. C'est là que dans les temps modernes s'implantera Tindustrie de la soie : du septième siècle au douzième siècle on l'y cherche vainement. La civilisation romaine ne pouvait pas donner ce qu'elle n'avait pas , et l'on sait que jusqu'au sixième siècle, malgré toute la politesse et les

» charpentier XL, pour un forgeron L, poar l'ouTrier qai tra- » vaille l'argent C, pour celui qoi travaille l'or CL. » Lex Burgund, X.

(4 ) « A répoque des invasions germaniques^ la Gaule méridio- » nale était le modèle de la prospérité et des lumières ; rien, » dans tout le monde romain, ne surpassait alors ses villes, ses » monuments, son industrie. Cinq siècles après la conquête, cette » patrie de la civilisation gauloise n'avait point encore entière- B ment perdu sa richesse et son goût pour les arts ; ses flottes » croisaient dans tous les sens sur la Méditerranée et trafi- » quaient avec les Orientaux, chez qui les Français d'outre- » Loire ne savaient que porterie pillage. Les Gaulois méridio- % naux avaient créé une seconde langue romaine aussi polie » et peut-être plus poétique que la première. » Aug. Thierry, Lettres iur rhistoire de Franc», p. 453.

Page 1