‹ Histoire de la soieChapitre 12 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH

Ainsi pendant les siècles dontnous-étudionsriiistoire, ni la Grèce ni TAsle Mineure ne s'étaient enrichies de l'industrie sérigène : les fabriques de Constantinople soutenaient seules la vieille réputation de Tindustrie grecque. Admettre la prospérité de ces fabriques, ce n'est pas dire qu'elles employaient uniquement la soie comme matière tex:tile. Sans doute auneuvième siècle la soie n'avait plus cette haute valeur que lui attribuait la loi des Rhodiens, en l'assimilant à l'or pour la part contributive à lui faire supporter en cas de sauvetage (1): mais les soieries de fabrication grecque étaient rares dans l'empire grec. Constantin Porphyrogénète, dans son livre si précieux pour nous Des cétémonies de V empire byzantin^ dit que Ton destinera aux cadeaux les étoffes de soie venues d'Egypte et achetées dans les marchés publics de Byzance(2}. En outre il emprunte si souvent aux Arabes

(4) Toc 8è ôXo(ji^pixa, ^av dt6pu)(^aawG(()jc, 8sy.iTaç âîîiçepéiwŒav, ôç 8[jLota îvxa tw /.puaiw. Lex maritima Ehodiorum, xl. — Pardessus : Lois maritimes des différents peuples^ , tom . i . Cet auteur coQsidère ce recueil comme postérieur aux iDstilules, mais antérieur aux Basiliques. Cest aussi l'opinion de M. Morlreuil : Histoire du droit byzantin^ tom. m, qui rapporte en conséquence la compilation dite : Loi des Rhodiens^ environ au huitième siècle .

(2) 'Ip^Tia IÇ àyôpaç àno tou çopou [iSTdtÇwxa 'At^uTïT^axa, àXi^-

6iva IvOiSia. Const. Porphyr, : De ceremohiis aulœ Byzantinœ, Ed. Niebuhr. tom. i, p. 473. Les empereurs de Constantinople avaient Thabitude de faire des distributions de vêtements de diverses natures et de différents prix, dans les jours de grandes fêtes religieuses^ comme les jours de Nodl et de Pâquesi ou en^

les noms des vêtements et des tissus dont il décrit l'usage (1), qu'il faut admettre qu'à cette époque, c'est-àdire au dixième siècle, les étoffes de soie venaient pour la plupart dans le commerce grec par Tentremise des Arabes, ou bien étaient de fabrication arabe. Ne peuton pas aussi attribuât à l'importance des relations commerciales entre les Grecs et les Arabes le rang qu'occupaient les ambassadeurs musulmans dans les réceptions de la cour (2' ?

Parmi les tissus de soie, il y en avait fort peu qui fussent en soie pure; Anastase le Bibliothécaire n'oublie jamais de mentionner les voiles ou les habits qui étaient holoserica^ preuve de leur haute valeur, et dans

core dans les fôtes privées oommées Brumales^ telles que le jour de la naissance de Tempereur, sa fête, la fêle de rimpératrice, etc. — Voir les commentaires de Reiske sur le même ouvrage de Constantin Porphyrogénète. Edit. Niebuhr, p. 706.

(\ ) Reiske. dans ses commentaires sur le De ceremoniis aulœ Byzantinœ^ relève avec soin tous les mots grecs qui lui paraissent empruntés à l'arabe. Voir, par exemple, pages 712,746. édit. Niebuhr. Ainsi poiir citer quelques-uns de ces rapprochements : y(i(iZio>* est le mt)t khazz, filoselle^ ^étoffe de soie grossière ou encore étoffe mélangée; jjLoXydl|xiovvient de molham, autre étoffe mélangée . Voir Dozy son Dictionnaire des noms des vêtements chez les Arabes^ p. 6 et p. 113; fou^bv, suivant le môme auteur, p. 128, est un mot turc qui veut dire drap.

(S) Cette observation a une grande importance, car l'étiquette était souveraine à la cour de Byzance. Or, les Arabes, ot IZ ^kydpb>v <^iko\, prenaient rang immédiatement après les prélats et les évèques et avaient la préséance sur les Huns, les Bulgares et les Francs. Const. Porphyr., De ceremoniis , lib. ii, cap. 52, p. 739.

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