‹ Histoire de la soieChapitre 13 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. I

le livré des Cérémonies de la cour byzantine, le mot ckornpiy^ov n'apparaît qu'une seule fois. (1) Ce ne sont donc pas ces étoffes exceptionnelles dont nous signalons la rareté: nous voulons parler des soieries en général, et nous constatons que l'on produisait des soieries en minime quantité dans l'empire grec, sans nier cependant qu'on consommât de la soie à Constantinople et qu'il y eût dans cette ville une industrie textile. Anastase indique, il est vrai, la Syrie (2) comme le lieu d'où venaient la plus grande partie des étoffes qu'il nomme; toutefois/ les mots blattia Bizantia (3} dont il se sert frécpiemment, puis l'expression evQddta ak-nOiva pourpres indigènes, qu'on trouve dans Constantin Porphyrogénète (4), ne laissent aucun doute sur les ressources qu'offrait le marché byzantin. A nos yeux, et du reste ces mots eiix-mémes l'indiquent, la véritable industrie byzantine demeure la teinture en pourpre (5). Les prescriptions relatives à la corporation des murile-

(4) Après la visite dans les greniers de TËtat, Tempereur Bidclxn TCO xôpv^Ti T(ov 6^jSeb)v TETpayévcov Xftpcjv B£xàxa\ ^Xoai^ptxovcm/^dipiov. p.* 704 •

(5) Anastase^ FiY. pontif., apud Muratori, Rerum italicarum scriptores^ t. m, p. 487, 189^ 490, elc.

(3) Ibid,^ pasàim.

(4) De ceremoniis, p. 473.

(5) Les expressions grecques usitées pour différencier les nuances de la pourpre, ^X^ttiov, aXi^Sivov, 6X^pov, ^v, ont été conservées par le latin du moyen &ge^ qui a les mots blattia, alytMnum^ hO' loverurriy oxsi.

U HIITOIBB Dl LA SOIB.

guU (i), e'Mt«i>^ire des artisaiig ^î aUaient eh^dier U$ murex et préparaient la matière tmetorialepfiwpre> Mt étér^roduites par lea BariUquiê (9S Sous Basile I*' au neuvième sièele , eomme au temps de Justini^u, eette corporation est comptée parmi les plus importantes de la ville { aussi Constahtinople, durant tout le moyen ége, eonserve-t-elle le monopde (3) de eette teinture autrefois si florissante en Phénieie et en Grèce (4}. La soie ne joue qu^un rôle secondaire dans l'industrie byzantine.

Et en effet, devant la quantité des tissus que le cornmeree répand partout sous le nom de pourpre , purpwta^ a devant les étoffes pourpres qui habillent presque tous les dignitaires de la cour byzantine, et servent pour tentures dans les palais (5}« » étoffes iu^cumulées dans le vestiaire impérial (6) en nombre incroyable, comment

(4) Voir netre premier volu ne, p. 46i.

(î) Twv paaiX(x(ov, lib. uv, til. 46.

(3) Anastase parle cependant de la pourpre de Naples, blattia neapolitana, de même qu'ancienDement Pline mentionnait ia pourpre de ritalle méridionale ; puis les trouvères vanteront la pourpre d*A1mérIa. (Voir Francisque Michel , Recherches sur le commÊrcê^ la fabrication, ete., tom. ii.

(4) La première conversion faite en Grèce par les apôtres fut celle d'une femme qui s'occupait de la teinture en pourpre.

(5) Voir Const. Porphyr., De ceremoniis aulœ byzantinœ, et Godin . Guropal . , De offlcialibus palatii constant •

(6) Le vestiaire, pevtfapiov, est ia partie du palais où Pon renfermait les tissus précieux, produits duns l'empire ou achetés au dehors. Au neuvièpoe siècle, sous Théophile^ le vestiaire était ré*

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admettre qu'il s'agisde uniquement de soieries? La soie n'était pas ftssez abondante à Gonatantinople pour four^ âir^ inême dans desétoflëa mélangées^ à une fabrication aussi coiistante et aussi considérable. Marchandise im^ portée du dehors^ elle subissait toutes les fluctuations du commerce eltérieur de Gonstantinople avec les pays où on récoltait la soie. D'ailleurs la laine avait été de tout teinpë employée dans les tissus teints en pourpre 5 et elle réussissait parfaitement pour ce genre de teinture ; d'autre part les draps et les étoffes de laine étaient d'un usage habituel en Orient s pourquoi les Byzantins àuraient41s renoncé à l'emploi d'une matière textile qu'ils trouyaient facilement et d'excellente qualité? Il est réservé pour les étoffes de soie, s'il faut accepter à la lettre cette phrase : 6 xai )(^pY)[jLdbi^ov oj^fiepov ^eaiiipiov tûv dc7CoOT]aaupit^o[iiva)v lUiùjun Ix oY)p(xu)v. Scruté poêi Theophanem^ p. 86, in-f*, 46S5. La pièce plus spécialement destinée aux vêtements de Tempereur se nommait xottcov^ d*où le nom xoitctivttof donné au valet de chambre. La grande variété des titras qoe l'on mettait dans le vestiaire est indiquée par Constantin Porphyregénète; et Reiske (p« 466, 469 et 473« édit« Niebuhr), s'est efforcé d^en déterminer la nature et la matière.

Les officiers attachés au vestiaire étaient nombreux ; les principaui étaient^ 4^ Tt^wrthUniipioçi charge qui devint très impor-> tante sous Michel Paléologue; 2<^ ^zTzidpioç; 3^ ^taxia^lxTn^ officier ehargé de [mettre à Tempereur ses vêtements* Le vestiaire formait un serinium, ce que nous nommons aujourd'hui un bureau dans les ministèret i il se composait du chef du bureau, priinicerium «crifiuiet d'employés chargé» ds tenir compte soit des vêtements apportés^ soit des vêtements distribués • Ces détails sont dans les commentaires de Paneireli^ eap» Lxxxtf ff(h titia dignitattmi uiriusqtte impêtii^ in^f^^^ t6S3«

marquable que les écrivains postérieurs aux croisades distinguent soigneusement les pourpres, j^urpura^, des soieries, serica (1), comme pour indiquer sous chaque nom un genre de tissus faits avec des matières différentes; et que parfois ils disent porpr« de soie (2), expression qui laisse présumer que la matière ordinaire de la pourpre n'était pas la soie. Or, ces mots purpurœ^pour-

pres^ si fréquents après le douzième siècle, sont la traduction du mot |3Xarria ; il est probable qu'ils représentent la même étoffe.

Telles sont nos raisons pour ne pas accepter comme rigoureusement exacte la traduction du mot ^lârziov par

pannus sericus^ et pour dire que ce tissu était par exception en soie (3). Nous préférons le sens qu'un écri-

11 est ànoterqae dans l'empire romain, toutes les grandes maisons avaient leur vestiaire. Un esclave ou un affranchi était spécialement chargé de la garde de ce vestiaire et du soin des vêtements; il est désigné sous le nom de vesUarius ou a veste, dans les inscriptions qui le mentionnent et qu*on trouve en grand nombre. Voir Orelli, Inscnfpt, latin. coLlectio. — Gruter. Boman, inscript, corpus.

(4) Nous lisons, par exemple, dans Jean du Plan de Garpin, édit. d'Avezac, p. 759 : Donaria in.serico^ in samitis, purpnris, baldakinis.

M . Francisque Miche), bien qu^il regarde les po urpres modernes comme des étoffes de soie^ constate aussi que plusieurs lextcs établissent clairement la différence entre les pourpres et les soieries. Recherches sur le commerce^ la fabrication et Vvsage des étoffes de soie^ tom. ii, p. 48.

(9) Francisque Michel^ Becherches, etc., tom. ii, p. 47.

(3) Observons que Constantin Porphyrogénète, lorsquMl nomme

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