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DEUXIÈME PARTIE. GH. III

peut formuler une opinion en se guidant mt la manière dont le tissu est confectionné et sur le genre du dessin : nous en avons signalé quelques-uns comme étant des spécimens de fabrication gréco-syrienne (1 ) . En France,, le principal entrepôt de ces tissus d'outre-mer est, au neuvième siècle, la ville de Narbonne. La réunion des Arabes et des Juifs, et la sécurité dont ces derniers y Jouirent (2), telles sont. les causes de la grande prospérité à laquelle celte cité est parvenue par son com-

jaune du Mscwaralnahar dont parle Edrisi. Les n^^ 2 et 4 dont la chaîne est en soie grège tordue et dont la trame est en poil àti chèvre ou do chameau; les n®M3 et 4 4 qui sont des crêpes de Chine imitant grossièrement avec des chaînes et trames teintes avant le tissage les étoffes similaires chinoises do* 44 et 42; la méthode du spoulinage employée pour les dessins des bordures dans les n°* 43, 44, 15, enfin, les dessins de ces bordures représentant ici des olives allongées, Jà des mouches contresempléesque sépare une ligne ondulée ; voilà ce qui pour nous est arabe.

(4) Le n" 3, tissu de couleur verle dont la chaîne est en soie et la trame en poils très fins qui pourraient bien être des poils de chèvres angora ; le Q° 4 qui est une étoffe grossière de couleur de euir claire^ espèce de canevas foit avec des gros fils de soie très tordus ; le n* 47 qui est un velours coupé de couleur pourpre : tels sont les échantillons que nous attribuerions à Tindustri^ grecque. Mais on comprend avec quelle hésitation nous hasardons celte opinion.

(2) « Cbarlemagoo divisa la seigneurie de Narbonne en trois » parties bien distinctes : Tune destinée à Aymeric dont ilrécom- » pensait le eourago ; l'autre à Tarchevôquo Daniel ; la troisième >• enfin, fait bien remarquable, aux Juifs. Vn quartier spécial bâti I» tout exprès pour eux devint leur séjour. » Mssai sur Vhistoire du commerce maritime de Narbomw, par M. Célestin Port, p. 468

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merce maritime; elle éclipse la ville d'Arles, reléguée désormais au second rang (1).

Ce n'est pas (pie Marseille et Arles perdent le rôle important (pi'elles avaient eu jusqu'alors dans le commerce de la Méditerranée ; mais elles souffrent plus que Narbonne des invasions des Sarrazins, des dévastations des Normands et des désordres que fait naître rétal)lissement de la féodalité. Il y avait d'ailleurs une raison puissante pour le maintien d'une grande activité commerciale à Marseille et à Arles : c'est que le Rhône et la Saône étaient la seule route pour aller de la Méditerranée au nord de la France et en Allemagne. La Loire et la Seine d'une part, la Moselle et le Rhin d'autre part, complétaient le réseau de cette navigation intérieure, et à une époque où les communications par terre étaient périlleuses et très difficiles , les voies fluviales acquéraient une importance considérable (2).

(I) Urbs Arelas, aliis qns plaribns arbibns exstat

Prima, gradn tamen est, Narbo, seconda {xhu

Theodalphi, Parœnesis ad jvdices, vers. 447.

(2) Aussi le droit de franche nef, c'est-à-dire de libre navigation, était-il très recherché et on le trouve souvent mentionné dans les Chartres parmi les privilèges que les rois ou les seigneurs accordaient aux monastères. 11 est à remarquer en effet que les monastères faisaient le commerce du blé, du vin, des tissus, en un mot de tout ce que leur domaine produisait en excédant des besoins de la consommation intérieure. La règle de Saint- Benoit insiste pour que la plus grande bonne foi préside aux transactions des moines : « Si qnid vero ex operibus artificium venundandum » est, videant ipsi per quorum manus transigenda sunt^ ne ali-

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