‹ Histoire de la soieChapitre 137 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE* CR. III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE* CR. III

Sous Guillaume le Conquérant, le commerce est si bien protégé qu'on peut voyager en Normandie avec sa ceinture pleine d'or sans crainte d'aucune vexation (1).

Une observation nous frappe, quand nous lisons l'histoire des Normands , c'est Tanalogie qui existe entre eux et les Arabes. Les uns et les autres^ au moment où ils se répandent au dehors, se font les champions d'une religion; les Arabes veulent conquérir le monde à rislam^ les Noirmands combattent au nom du catholicisme tous les ennemis de la papauté. L'un et l'autre peuple s'élancent vers la Méditerranée ; lorsqu'ils sont arrivés h cet âge, car les peuples comme tes individus ont leurs âges , où la force de la jeunesse a besoin .d'agir, il leur faut à tous deux des expéditions aventureuses et lointaines. Après la conquête, on rencontre chez les Normands, de même que chez les Arabes, une grande facilité de se façonner aux mœurs des vaincus, ils ont la civilisation brutale, s'il nous est permis de réunir ces deux termes pour exprimer un état mixte entre la barbarie et la civilisation raffinée; Tintelligence demeure fermée à certaines notions morales ^ Tâme reste insensible pour certains arts, mais les habitudes se modifient au contact des mœurs plus polies , et trouvent dans le luxe et les jouissances de la vie ma-

{\) Ghroniqy^ saxonne^ s^f\iy\ Ûom Bouquet, t. un, p. 54.

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lérielle une séduction irrésistible. Dans nos recherches sur la soie, quelque ingrate que paraisse notre tâche aux yeux du philosophe, nous avouons que nous demandons à la civilisation uniquement quelle a été son influence chez chaque peuple sur Tusage et le commerce des riches tissus. Et nous suivons avec plaisir les Normands en Espagne, en Provence, en Italie, en Sicile et dans la Grèce, parce que peu à peu ils prennent goût aux soieries, et qu'après se les être procurées par le pillage des villes conunerçantes du littoral méditerranéen, ils en font commerce; qu'ils deviendront même des fabricants au douzième siècle.

Nous ne rappellerons donc pas ici leurs expéditions dans la Méditerranée, où les Sarrazins aussi bien que les Grecs apprirent à connaître leur valeur; « les Normands, observe M. de Fréville, étaient de rudes pèlerins et ne se faisaient pas faute, chemin faisant, de distribuer quelques bons coups d'épée. A ce titre, ils étaient renommés partout, mais .particulièrement en Espagne, en Italie et en Sicile (1). » De ces excursions, ils revenaient avec des usages nouveaux , ils rapportaient de riches étofles (2), et ainsi au onzième siècle,

(1) De Fré^lle, Mémoire sur le commerce de Rovsn, t. i, p. 93.

(S) « Ed 4077, un certain Guillaume Pantol faisait preuve k d^une générosité princière en donnant à Pabbaye de Saint- Evroult n quatre pièces des plus précieuses étoffes de soie brochées d*or )» qu*il eût rapportées de la Fouille.. On en fit quatre chapes de

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