‹ Histoire de la soieChapitre 138 sur 184 · DEUXIEME PARTIE. GH. Ili · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. GH. Ili

dans le nord de la France, réapparaissait la consommation des soieries. Cette consommation s'accroît nécessairement dans tout FOccident à mesure que les pèlerinages se multiplient 5 car on ne va pas en Orient sans rapporter quelques pailes précieux, les uns pour en faire commerce, les autres, que la dévotion a conduits au delà des mers (1), pour envelopper des reliques on pour orner, au retour, la chapelle de quelque saint vénéré (2) . La plus grande partie de ces riches tissus d'outre-mer était consacrée au culte. Cest ainsi qu'après la prise d'Antioche, en i098, les croisés réservèrent les étoffes de soie pour confectionner des vêtements sacerdotaux et des voiles d'autels (3). Mais les exemples d'offrandes faites en riches tissus aux monas-

)> chantres, qoi étaient encore eu usage du temps d'Ordéric Vi** » tal. » Francisque Michel, tom. i, p. 483.

Voir pour le luxe des Normands au onzième siècle, Ordéric, Vital. Hist. ecdesiasi,^ liv. vin, Recueil des historiens des Gaules, tom. XII, p. 636.

(4 ) a Non defuerunt de Occidentalibus multi qui loca sancla^ » licet in hostium potestate redacia, aut devotionis, aut commer- » ciorum, aut utriusque gratia visitarent aliqttoties. » Willem. Tyr. Hist. Hieros.^ liv. xviii. — Jacques de Vitry en dit autant. Voir page 268, note 2t.

(2) Nous avons déjà parlé de Tusage d'étendre de riches étoffes sur les tombeaux des saints. M. Francisque Michel, tom. i, p. 435 etsuiv., donne d'intéressants détails sur ce sujet.

(3) « Oloserica quoque ad opus sacerdotalium indumentorum, » et altarium operimenta. » Will. Tyr. Hist,^ lih. vi: GestaDeiper Franœs^ p. 7î7.

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tëres». ou aux égli9e8 par les rois, les seigneurs, les abbés ou les fidèles (1) sont trop multipliés pour qu on puisse les citer. Le pillage et la dévastation fréquente de ces pieux édifices nécessitaient souvent qu'on les renouvelât.

On ne saurait regarder TAsie occidentale comme la seule source des soieries au onzième siècle : tout ce que nous avons dit de l'industrie des Grecs et de l'industrie des Arabes a prouvé qu'à cette époque la Grèce, l'Afrique, la Sicile et TEspagne avaient des fabriques de soieries. Mous avons vu de quelle réputation jouissaient les pailes d'Alméria. Le voisinage de TEspagne et les relations que conservèrent presque continuellement avec ce pays les provinces du midi, laissent penser que TEspagne arabe a fourni de bonne heure des soieries à la Septimanie. Il ne faut pas oublier que le comtat de Barcelone formait un fief français. Ces mêmes causes

(1*) M. Francisque Michel en cite un grand nombre^ tom. t, p. 66, 474, etc>.. C'était un usage général r ainsi auprè«r des soieries qui étaient étalées au onzième sîèele .dans l'église de Fleury, « Ërat basilica ob paschalem celebritatem bonestissîmîs » bolosericis vennstata ornatîbus. » (Radnlfio Tortario,apTidd*Acheri et Mabillon^ tom. vi), on trouve les riches tissus d'outremer suspendus par Egbert, évéque d*York, au huitième siècle, dans les égliset d'Angleterre.

« Si je voulais faire entrer ici, dît M . Francisque Michel, tout 9 ce que j'ai recueilli de passager relatifs à des préia&ts de soie- » riea un églises, ces détail» rempliraient à eux «eula un volume » entier. » Tom. i, p. 484.

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