‹ Histoire de la soieChapitre 2 sur 184 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ttlsioire de 1â Hoîé cliez les ttyzântiiis.

Le contraste entre- le sort de Tempire romain d'Occident et celui de Fempire d'Orient a été bien souvent signalé. Il est naturel de se demander pourquoi les provinces de Fancien empire des Césars ont été si vite ruinées et si aisément envahies par les Yisigoths, les Franks, les Lombards, tandis que Tempire grec conserve à peu] près son intégrité* Les mêmes causes de faiblesse et de décadence agissent sur les deux gouvernements, et cependant Fun résiste tandis que Tautre succombe.

Parmi les causes de la richesse de l'Orient, en opposition si marquée avec Tappauvrissement continuel de rOccident, on place le commerce et Tindustrie des pro^ viïices soumises à Tempire grec. C'est ainsi que ces considérations qui de prime abord paraissent étrangères à notre sujet s'y rattachent cependant.

« L'Orient, observe Bureau de la Malle (1\ était essentiellement producteur, commerçant et manufacturier. Chez tous les peuples parlant la langue grecque, les institutions politiques, les lois civiles, l'opinion, l'usage et les mœurs protégeaient, encourageaient la production, la fabrication, la navigation, le commerce et rindustrie.... Les villes d'Egypte, de Grèce et d'Asie sont à l'Occident sous le haut empire et dans le moyen âge ce que Venise, Gènes et Florence sont à l'Europe depuis le treizième jusqu'au seizième siècle. »

Les échanges fournis par l'industrie et le commerce ramenaient dans ces contrées Tor enlevé par les exactions du vainqueur. Pillées et dévastées par les barbares, pillées et dévastées de nouveau par les Romains lorsqu'ils avaient réussi à éloigner les barbares, les provinces d'Asie semblent avoir des richesses inépuisables. Elles • sont comme les racines d'où part la sève qui apporte encore quelque végétation à un vieil arbre depuis longtemps atteint de destruction intérieure.

Le commerce des soieries s'y était de bonne heure développé, comme nous l'avons vu; l'industrie de la soie, aussitôt qu'il avait été possible de se procurer la matière première, s'y était à son tour naturalisée ; et, ' au risque de paraître paradoxal, nous dirons que l'un et l'autre trouvèrent un certain avantage aux invasions

(h) Économie politiqu£ des Romains, tome i\, Hv. iv, ch. 44 .

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