DEUXIÈME PARTIE. Cil. I
en déterminant par des exactions tyranniques rémigration de cette population flottante, avait rendu le gouvernement central très-prudent, et Tavait empêché d'en user avec Trébizonde comme avec les autres villes de^rempire. En outre, la nécessité de laisser au duc de Chaldie une autorité assez large, en raison de la position difficile qu'avait son thème au milieu des Arabes, des Arméniens et des peuples du Caucase, était devenue fa source d'une certaine liberté municipale (1). Enfin, Trébizonde, par sa situation naturellement fortifiée, fut préservée des Turcs qui au onzième siècle ravagèrent FAsie Mineure et en chassèrent les Grecs. Il en résulte cette prospérité singulière qui a été décrite par Eugénicus, et qui a fait que Trébizonde devint la capitale d'un empire grec, après la prise de Constantinople par les croisés au treizième siècle : « Cette ville est la seule qui, avec un très-petit nombre d'autres, suffise à des travaux et à des industries de toutes sortes, et qui trouve en elle-même de quoi satisfaire tous les arts et tous les métiers : les agriculteurs , les bergers, les fabricants de lances ou d'arcs , les tailleurs de
« du dixième sur toutes les étoffes qui entraient ou sortaient. » Il paraît que le gouverneur de la ville percevait aussi, pour son propre trésor, un impôt sur les marchandises. Le revenu que rapportait à l'empire grec le marché de Trébizonde était considérable.
(4) Ces faits sont admirablement présentés par M. Finlay dans l'histoire de l'empire de Trébizonde, Medieva l Qreece and Tvéhisond, p. 3o7.