‹ Histoire de la soieChapitre 33 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. I

tisante quantité, durent chercher une nouvelle route pour aller en Chine : ils se dirigèrent au nord, vers la mer Noire et la mer Caspienne.

La Géorgie, TArménie et le Schirwan étantle théâtre delà lutte entre les Khozars, peuple établi au nord du Caucase, et les Arabes parvenus à cette chaîne de montagnes qu'ils ne devaient pas franchir, le commerce ne prend pas au septième siècle Fancienne route par le Phase et le Cyrus. Le rapprochement, à peu de distance de leurs embouchures, du Don et du Wolga, rapprochement qui fit croire aux géographes arabes que le Don était une branche du Wolga (1), offre une communication facile entre la mer Noire et la mer Caspienne : c est vers le Don que se dirigent les marchands grecs. SoMadta(Soudak), située dans la partie méridionale de laChersonèse Taurique (Crimée)-, Théodosie^ qui dans la suite prendra le nom de Caffa, vers la jonction de la mer Noire et delà mer d^Azof; Tana, près de l'embouchure du Don : telles sont les premières étapes de cette route. Elle demeure la seule fréquentée jusqu'au neuvième siècle. A cette date, la paix ayant été affermie et la domination arabe ayant été définitivement acceptée dans les provinces caucasiennes, un courant commercial important s'établit au sud du Caucase, dans les vallées du Phase et du Cyrus. Les soieries étaient en usage, non-seulement chez les Lazeset les Arméniens,

(4) Reinaud^ Introduction à la Géographie d*Aboulféda, p. ^94.

peuples depuis longtemps en relation avec les Grecs et les Persans, mais aussi chez les Casehakes (Tcherkesses) , nation assez importante qui habitait entre le Caucase et la mer Noire. « Les vêtements des Casehakes, disent les écrivains arabes du dixième siècle, consistent en tissus de lin, en écarlate, en étoffes de soie romaines, et toute sorte de drap d'or. Eux-mêmes ils fabriquaient des toiles de lin trés-estimées (1). » Le trajet d'ailleurs assez court entre la mer Caspienne et la mer Noire détermina le commerce, dès que les circonstances s'y prêtèrent, à se fixer vers le sud de la mer Caspienne, au lieu d'aller au nord vers le Volga. Trébizonde, héritant de la prospérité de l'ancienne Dioscurias, devint l'entrepôt des Grecs et des Arabes, et vit ses foires annuelles fréquentées par les marchands de toutes les nations environnantes (2). Elle était la capitale du thème (3) de Chaldie (ce thème comprenait le pays desLazes, l'ancienne Colchide), et sapopulation était presque entièrement composée d'étrangers. La crainte de diminuer les revenus du fisc (4)

(4) D'OhssoD, les Peuples duCavLcase /p. 25.

(2) Edrisi, Géographie, trad. de Âmédée Jaubcrt/ loq:i. ii, p. 390. — C'est par Trébizonde, dit Alestakry, que les étoffes fabriquées par les Grecs s'exportent dans les pays musulmans.

(3) L'empire grec avait été subdivisé en gouvernements militaires qui portaient le nom de Thèmes^ Oi^piaTa. « <Dcr dingang » in jtleinaflen tfl bei S^ral6i|onbc , wo {i(^ JTaufleute «erfammcln , unb » nac^ Jtlcinajten tetfen, utn ^a4tbc( ju trciben, fu tsie au(^ bie rômifc^en » ©olbfioffe unb Beuge oon ^raBt^onbe naâi benett ®egenben gebrad^t tocrben. I)a6 93 ud^ ber SAnber, von (Sfta^xi, ûbeirfet^t von SRortbmann, p. 8.

(4) « On prélevait à Trébizonde, suivant Ibn-Haucal, Timpôt

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