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DEUXIÈME PARTIE. CU. I

plusieurs siècles les borc^s de la mer Caspiennej et s'était peu à peu agrandi aux dépens des Bulgares (1). Du septième au dixième siècle, il demeura maître de tout le pays compris entre le Don et les Palus-Méotides à l'ouest, le Caucase et la mer Caspienne au sud; le Volga à Test. 11 avait au nord pour tributaires un certain nombre de peuplades bulgares et slaves, sans délimitation fixe de territoire.

Les orientalistes ne sont pas d'accord sur Porigîne des Khazares que Ton rattache soit à la race turque, soit à la race finnoise, soit aux races caucasiennes. Au moment où nous arrivons dans leur empire, il y a dans les populations qui l'occupent un grand mélange. Les Khazares, disent les historiens (2), sont les uns basanés et presque noirs comme les Indiens , les autres ont le teint blanc et de beaux traits. Outre les Alains qui n'avaient jamais quitté les contrées caucasiennes, il nous semble que les Huns blancs ont fourni quelquesuns des éléments hétérogènes de cette agglomération. Les Ephtalites qui occupaient TAsie centrale au cinquième siècle, se sont disséminés après la conquête de leur empire par les Turcs, et nous regardons comme un rameau de cette grande famille, la nation païenne qui habitait dans le Caucase, au nord des Caschakes, et

(1) Klaproth, Tableaux historiques de l'A8ie,p. 268,— D'OhssoD, les Peuples du Caucase, p. 46 et 493, etc.

(2) De Sacy, Chrestomathie arabe^ tom. ii, p. 304. — D'Ohsson, les Peuples du Caucase^ p. 34 .

(lui est désignée par les Arabes sous le nom d'Lani Zates (1). C'est peut-être à Tinfluence de cette partie blanche de la nation des Khazares qu'il faut attribuer la protection accordée au commerce.

Un autre résultat de ce mélange des populations diverses, résultat très-favorable à la prospérité commerciale de l'empire des Khazares, ce fut une grande tolérance religieuse. Egalement protégés, ayant leurs propres magistrats, les musulmans etlesjuifs arrivent en foule danfe la capitale des Khazares ; ils y deviennent même assez influents pour qu'un des rois des Khazares du neuvième siècle soit un musulman, et qu'au dixième siècle il y ait un juif sur le même trône (2).

Itil, capitale des Khazares, située sur le Volga, non loin de la ville moderne d'Astrakhan, était le rendezvous des marchands de toutes les nations; une partie de la ville leur était spécialement réservée (3). Elle offrit donc aux négociants grecs, d'abord les pelleteries et le miel que les peuples duNord apportaient par le Volga^ les produits de l'Asie centrale et de laChinequeles caravanes turques y accumulaient, puis les tissus, les parfums et les épices que des navires allaient chercher dans les entrepôts^formés au sud de la mer Caspienne.

L'alliance des Khazares fut doublement utile à l'em-

(1) D'OhssoD, les Peuples du Caucase , p. 27.

(2) D*Ohsson, les Peuples du Caucase^ p. 203, 20j

(3) 16id., p. 33.

pire grec : ils préservèrent des Arabes l'Europe orientale, et fixèrent, par leur valeur, pour limites à Tempire (les khalifes le Caucase et le Jaxartes ; en outre, ils devinrent les intermédiaires du commerce asiatique. Aussi des unions tnatrimoniales entre la famille des rois de Khazarie et celle des empereurs grecs, des attentions pour les Khazares qui venaient à Constantinople, la faveur, dans le cérémonial de la cour byzantine, d'un titre spécial pour le roi des Khazares et du premier rang parmi les rois étrangers, tout atteste le prix que les empereurs grecs attachaient à Falliance avec les Khazares (1). Cette alliance paraissait si naturelle que les Arabes regardèrent sa rupture comme une grande faute. L'Imam Hakem,le dieu des Druses, dans la charte qu'il suspendit dans les mosquées vers Tan 4H de l'hégire (1020), voulant reprocher aux musulmans leurs guerres fratricides, leur dit : « Vous vous faites la guerre et vous vous attaquez réciproquement; vous combattez les uns contre les autres , comme les Grecs et les Khazares (2). »

La prépondérance que les Arabes avaient reconnue aux Khazares, dans les contrées qui entourent la mer Caspienne (nommée par les géograj)hes arabes, mer des Khazares), explique pourquoi ils blâmaient les Grecs de

(4) GibboD, tke Décline andfall of the roman empire, ch. 46, p. 843 et ch. 28, p. 853. — D'Ohsson, les Peuples du Caucase, p. 495.

(2) De Sacy : Chrestomathie arahe^ tom. m, p. 343.

ne pas maintenir soigneusement des relations amicales avec cette nation. Ils n'ont pas considéré quele grandmobile des Grecs avait été d'assurer les communications de Tempire byzantin avec Tlndeetavec la Chine^ et qu'au dixième siècl(3 ces communications s'établissan t par Trébizonde et par les provinces situées au sud de la mer Caspienne, le passage par laKhazarie devenait inutile : l'intérêt commercial avait dominé l'intérêt politique. Les soieries furent une des branches importantes du commerce grec à Itil. Ces étoffes étaient entrées dans la consommation des Khazares ; mais il n'en existait pas de fabrication indigène (1). Lorsque les commerçants grecs cherchèrent dans les Khazares des intermédiaires, les soieries venaient toutes de l'Asie orientale ; ce n'est

(4) D*0h8son, les Peuples du Caucase^ p. 44. ~ Voici les preuves ^ue les soieries étaient employées comme décoration des édifices et comme vêtements chez les Khazares : « A la mort » du Khakan, on construit un grand édifice contenant vingt cham- » bres que Ton tapisse d'étoffes de soie et or, et dans chacune des- » quelles on creuse un tombeau. » D^Ohsson, ibid,, p. 39*

tt L'habillement des Russes, dit Edrisi, est court et de ceux qu'on nomme kurtak^ tandis que celui des Khazares, des » Boulghars et des Badjnak est le kurtak complet, tissu de )) soie^ de coton, de lin ou de laine. » Trad. de Âmédée Jaubert, tom. II, p. 402.

Le seul produit du pays des Khazares était la colle de poisson. On y importait, soit du pays des Russes^ soit de celui des Bulgares, le vif argent, le miel> la graisse^ le poil &ù, le poil grossier. Tous les vêtements des Khazares étaient apportés du Djordjan, du Tabaris tan, de PÂTménie, d'Adherbaidjan, et de Roum (rempire byzantin). M. de Goeje, d'après Ibn-Haucal.

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