‹ Histoire de la soieChapitre 45 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. I

fiôations de THimalaya et du Caucase. Lés savantes études entreprises par M.Duseigneur sur les cocons^ éclairciront sans doute cette importante question des races, et feront voir en combien de variétés il faut sub-

diviser les vers à soie. En attendant ce résultat, nous croyons pouvoir, sans présomption, attribuer à la multi* plicité des nouvelles espèces, recueillies et utilisées, le développement rapide durant l'époque qui nous occupe de l'industrie séricicole dans FAsie centrale et dans TAsie occidentale.

Quant aux Chinois, leur orgueil et leurs mœurs s'opposaient à ce qu'une amélioration quelconque, venue du dehors, pût prévaloir chez eux. Ils se regardaient comme supérieurs aux autres peuples; ils devaient lutter contre l'introduction du ver à soie à cocons jaunes, qui n'était pas d'origine chinoise ; le Céleste-Empire donnait, mais ne recevait pas. Au surplus, il n'avait pas besoin de cette nouvelle source de richesses : avec sa race de vers à soie, depuis si longtemps propagée et maintenue, il était parvenu à une prospérité merveilleuse. Les détails, que nous allons emprunter aux écrivains contemporains de la dynastie des Thang, attestent que la production des soieries dans la Chine, avait atteint son apogée.

« Les Chinois grands et petits, rapporte lemarchand arabe Soleyman, s'habillent en soie, hiver et été. Les princes se réservent la soie de première qualité.

Quant aux personnes d'un ordre inférieur, elles usent d'une soie en proportion avec leur condition. L'hiver, les hommes se couvrent de deux, trois, quatre, cinq caleçons et môme davantage, suivant leurs moyens : leur but est uniquement de maintenir la chaleur dans les parties inférieures du corps à cause de la grande humidité du climat et de la peur qu'ils en ont. Mais, l'été, ils revêtent une seule tunique de soie ou quelque chose de même genre (1). »'La soie de première qualité, dont il est question pour les vêtements des principaux officiers, n'était pas livrée au commerce extérieur; c'était , suivant Ahou-Zeyd qui complète les renseignements de Soleyman, une soie écrue, non ovalée et, quelque fine qu'elle fût, elle n'égalait pas la soie réservée pour les princes (2). Toutes les familles qui possèdent un coin de terre.

(1) Chaîne des ChroniqueSy trad. de M. Reinaud, p. S4> tom. i, des Relations des voyages faits par les Arabes et les Persans dans VInde et dans la Chine* Edit . in-4 SI .

(2) Chaîne des Chroniques^ p. 77. La soie écrue non ovalée correspond à ce que nous nommons de la soie grége, soie qui n'a pa's encore été moulinée. Nous avons substitué le mot ovale au mot foulé, employé par M. Reinaud, parce que, sur un appel que nous avions adressé à la bienveillance du savant professeur, nous avons eu cette réponse :

« Le mot arabe que j'ai traduit par foulé^ est le participe passif » du verbe arabe, rendu dansile dictionnaire par ces mots : brevis » fuit, defuit, impar fuit, destitit, praccidit capiDos^ tundendo » lavandoque dealbavit vestem foUonum more* »

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