‹ Histoire de la soieChapitre 44 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. I

Perse et en Khourgistair, d'autre part, que la tradition fait venir du Turkestan les vers à soie de Djordjan et du Tabaristan , et qu'encore au dixième siècle les provinces situées au sud de la mer Caspienne tirent de Merw les graines de vers à soie. Et dans toutes ces contrées la soie indigène est la soie jaune ; nous en avons une preuve frappante dans ce fait, que nous relèverons plus tard en parlant de la Scandinavie : c'est qu'en Norwége au onzième siècle on parlait du jaune comme de la couleur primitive de la soie, et que cette

notion de la soie écrue venait des bords de la mer Caspienne.

Y avait-il en Chine de la soie blanche et de la soie

jaune? Nous ne pouvons répondre à cette question.

Nous ne rapportons pas en effet à la Chine la phrase de

Théophylacte, bien que nous admettions, comme Kla-

avec les cocons de vers à soie sauvages. Cette tradition, recueillie par le P. Gibat dans la collection Ming-pao (voir les Mémoires des missionnaire^^ iom. xv, p. 199), remonterait aux premières notions qu^eurent les Chinois de la Perse, lorsque leurs armées parvinrent à la mer Caspienne. Noirs y joindrons encore ce rapprochement avec le présent. On lit dans les annales du commerce extérieur^ 485S, p. 49, à propos d'une revue des étoffes asiatiques : « GazZ; étoffe d*une soie très-commune que Ton trouve » dans les montagnes du Kourdistan; cette soie est tirée d'un ar- » brisseau appelé parles Arabes Chajar el Gazz, arbre de la soie, » lequel n'existe que dans le Kourdistao, à Daoudie, Amadié et ï> Borduari. Le ver à soie vient se placer naturellement sur les » branches, et fait de lui -môme soa cocon^ qui est de couleur jaune; » les KurdeS) après avoir récolté les cocons, les iilent et viennent » vendre leur soie à Mossoul. »

proth(i), ridentitédes Taugas avec le peuple chinois, et celle deKboubdan capitale des Taugas, avec la ville de Tchang-nyaa(auj. Si-nyan-fou). Tout le pays en effet à Test des monts Bolor reconnaissant la suprématie des Chinois, l'auteur grec n'avait que ce nom pour représenter les peuples de la petite Boukharie et de l'Asie centrale* C'est dans ces contrées, immédiatement voisines de la Bactriane et de la Sogdiane, qu'il faut chercher le mélange indiqué par lui de plusieurs espèces de vers à soie. La patrie du ver à soie jaune, ce sont les montagnes qui entourentla mer Caspienne; c'est là que l'industrie de la soie a dû conquérir le plus grand nombre d'espèces nouvelles, espèces vivant A l'état sauvage dans les rami-

(4) Klaprolh, Tableaux historiques de l'Asie, p. 266. L'opinion de Rlaprolh û^esi pas partagée par M. Kuid de Schlœgerqui, dans le commentaire du voyage d*Abu-Dolaf Misar à travers TA* sie^ note 31, indique Taghazghaz^ comme le nom identique à ToufèLi, et Khotan^ comme la ville correspondant à Xou6Sàv. Les Taghaxghas sont, nous l'avons vu précédemment, une tribu turque dont les écrit ains arabes font mention au dixième siècle, et qu'ils représentent comme occupant le pays entre la Sogdiane et la Chine au nord du Tubet. Il est poësible qu'au septième siècle ce nom fût déjà parvenu à Théophylacte^ qui semble avoir recueilli de précieux et très-minutieux détails sur l'Asie centrale. Mais, à cette époque, les Taghazghas étaient soumis aux Chinois. Entre Klaproth et M. Schlœger, il n'y a donc pas grande divergence, quant à la position du peuple* Il n'en est pas de même pour Xou6dàv, et nous nous étonnons que M. Schlœger ait cédé à l'analogie de noms entre Xou6Bàv et Khotan ; car il semble non douteux que rhistorien grec a voulu désigner la môme ville, nommée plus lard, par les Arabes, KhoumdaUj et dans laquelle les orientalistes modernes reconnaissent Tchang-nyan (auj . Singanfou).

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