‹ Histoire de la soieChapitre 80 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. II

de trois jours de marehe (1) ils atteignent les bords de l'Ëuphrate et arrivent à Bagdad*, ils descendent le Tigre ' jusqu'à OboUah; et de là font voile pour TOman, le Sind, rinde et la Chine.

« Les Tnarchands qui partent de TEspagne et du pays des Francs, s'ils veulent voyager par terre, se rendent à Tanger, d'où ils se dirigent, par TAfrique et TEgypte, vers Ramlab, Damas, Koufah, Bagdad et Bassora. Ils traversent ensuite le Ahouaz, le Fars, le Kerman, le

iind et arrivent dans l'Inde et la Chine.

« Quelquefois ils prennent la route qui de TAUe-

fagne (1) les conduit] vers les pays slaves, vont à la

le des Khozars, traversent la mer Caspienne et par

[h, la Transoxiane, le pays des Taghazghaz, arrivent

Ihiïie (2). »>

) Quoique nous ne donnions qu^une traduction fort -libre du

lage, là composant avec les deux interprôi allons française et

J:lâisey nous devons faire remarquer que, suivant M. Sp^inger,

iteur place Antioche à trois journées de marche en quittant la

Méditerranée^ au lieu de mettre Antioche à trois journées de

larche de \fi ville de Bagdad*

(2) Ce fôIe des Juifs au milieu des Arabes a sou similaire dans l'histoire des Musulmans moâernes* Les Fananotes ont été pour les Othomans vainqueurs de Fempire grec ce que les Juifs avaient été pour les Musulmans vainqueurs de TAsie* Lorsque les sciences, les arts et l'industrie furent chassés de leur ancienne patrie par rinvasion turque^ un petit nombre de Grecs, esprits d'élite, retirés Je long de la Corne-d'Or, dans le quartier du Fanarj formèrent une colonie pour les recueillir. Le commerce des diamants et des soieries mit en leurs mains la richesse; la culture des scienoesy des lettres, des langues (le latin, l'italien, le français, le turc^

Tout en faisant la part de ce qu'il y a de lictif dans ces descriptions, qui suivent la direction des routes à vol d'oiseau, on y trouve l'indication du vaste commerce dont les Juifs étaient devenus les intermédiaires. Est-il besoin de dire que la soie et les soieries formaient une des branches importantes de ce commerce, et figuraient sur toutes ces routes qui nous sont connues, au nord auprès des pelleteries, au centre auprès du musc du Tubet (1), au midi auprès des épices et des parfums?

(c Rey (qui est la Rages de l'Ecriture sainte , et qui était située au midi de la mer Caspienne auprès de la ville actuelle de Tél^éran) était le rendez-vous des marchands de l'Arménie, de l'Aderbaydjan, du Khorassan, du pays des Khazares et du pays des Rordjans (aux en-

Tarabe, le persan étaient enseignés dans leurs écoles)^ leur donna la puissance. Les Grecs se rendirent nécessaires aux maîtres grossiers et ignorants qui régnaient à Gonstantinoplé, et l'histoire olhomane montre, depuis le dix-septième siècle, la colonie du Fanar comme la pépinière des savants, des médecins et des ambassadeurs de Tempire turc. De nos jours encore la partie vitale do Temyire othoman n'est-ce pas la population grecque? Ne sont-ce pas les Grecs qui sont les intermédiaires avec les peuples civilisés? Ne sont*ce pas \eh Grecs qui ont en main tout le commerce? Et Pambassadeur turc Musurus n'est-il pas grec?

Tels ont été les Juifs au moyen ftge pour les peuples qui renversèrent en Orient la monarchie persane et pour les barbares qui détruisirent en Occident Tempire romain.

(1) Le musc é)ait Tarticle principal, du commerce de TAsie centrale, parce qu'il est indispensable dans les cérémonies religieuses du bouddhisitie .

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