DEUXIÈME PARTIE. GiK II. HS
les Khazares, où ils sont assez influents pour faire parvenir au trône un de leurs corréligionnaires, et dans leDjouzdjan, district du Khorassan, dont la capitale se nommait Al-Yahoudya (la ville des Juifs) (1). Benjamin de Tudéle, lorsqu'il parcourut TAsie occidentale au douzième siècle, dit qu'il y a 15,000 Juifs à Ispahan(2}, 8,000 à Giva, ville située sur la rivière de Gouzes (probablement rOxus), et 50,000 à Samarcande (3). Nous choisissons ces villes,^ parce qu'elles sont les principales colonies des Juifs et parce qu'elles jouent un rôle important dans le commerce des soieries à cette époque. Pour donner une idée du commerce des Juifs, il faudrait suivre Benjamin de Tudèle dans toutes les villes alors connues de l'Occident en Orient, si étendu est le réseau dans lequel les Juifs embrassent le monde.
On les rencontre mêlés aux musulmans dans le commerce intérieur; mais, profitant de ce que l'orgueil et des motifs religieux éloignent les musulmans de trafiquer avec les infidèles, les Juifs sont seuls dans le commerce d'exportation qui s'étend depuis la mer de Chine jusqu^à l'Atlantique. Ibn-Khordadbeh , écrivain
(1) Faule d'une traduclioD d'Ibn-Haukal, nous renvoyons à Ouseley, The oriental geography of Ibn-^Haukal^ p 4 60, 1 86, 221 . A Balk, <lit le même auteur, p. 324, une des portes de la ville s^appelle la porte des Juifs.
(2) Ispahan comprenait deux villes dont Tune s'appelait A/-
yahoudya.
(3) Traduction latine^ par Constanlia L'Empereur, in-1 2 ,Lugd . Batavorum, Elzevir 4633, p. 96 et 97.
iirabe du neuvième siècle, décrit dans son ouvrage, les Routes du royaume, ce commerce d'exportation entre rOrient et TOccident (1) : « Le» musulmans juîfe, nommés Bamians , qui parlent le persan , le romain « (grec et latin), Farabe, l'espagnol et le slave, voyagefet de rOccîdent en Orient et de TOrient eh Occident, tantôt par terre, tantôt par mer. Ils apportent de FOccident des esclaves des deux sexes, de la soie, des pelleteries et des épîces. Us s'embarquent dans le pays des Francs , sur la mer occidentale (Méditerranée) et se dirigent vers Farama (près de Péluse). De là, ils tl'ansportent par terre leurs marchandises à €olzom ,* l'ancienne Clysmà, voyage de cinq jours. Ils s'embarquent sur la mer orientale (la mer Rouge) et se rendent de Colzom dans le Hadjaz et à Djidda; puis ils continuent leur voyage vers le Sind, l'Inde et la Chine. A leur retour, ils se chargent de musc, d'aloês, de camphre, de cannelle et autres productions des contrées orientales, et reviennent à Cohom', puis à Farama. où ils s*embarquent soit pour Constantinople , soit ppur le pays des Francs.
« Une autre route leur est ouverte ; ils peuvent, s'ils le préfèrent, se diriger par mer vers Antioche. Au bout
(4) Ce passage dlbn-Kbordadbeh a été traduit en anglais par M. Springer dans the Journal of the asiatic Society of Bengat^ tom. xiv, p. 592, et en français par M . Reinaud, dans son Intro^ duction à la Géographie d'Ahoulfèda, p. 68.