‹ Histoire de la soieChapitre 82 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. II

térieurs au neuvième siècle. La production', des soies musulmanes rendit moins nécessaires les soies chinoises, et l'industrie de la soie prit un développement considérable dans les contrées soumises à la loi musulmane au détriment de l'ancien commerce des soies avec la Chine. Ainsi les Chinois, comme ils le redoutaient, virent successivement diminuer l'exportation de leurs soieries, puis celle de la matière première, à mesure que les peuples de l'Occident se procurèrent la soie, puis le ver à soie.

Les contrées où Ion recueille la soie ne sont ni toutes, ni seules productrices de soieries. Les conditions nécessaires pour la fabrication des étoffes de soie sont en effet différentes de celles au milieu desquelles peut s'établir la production de la soie. A la fabrique des soieries, il faut le séjour des villes 5 là seulement le fabricant trouvera réunis tous les éléments indispensables pour son succès, la teinture, lé goût des arts, le contact des commissionnaires, le progrès constant et inévitable. La production de la soie demande un sol propice a la culture du mûrier, un climat favorable pour l'éducation, enfin une main-d'œuvre peu coûteuse. Delà l'existence de fabriques de soieries dans des villes souvent éloignées du lieu où l'on produit de la soie, et absence de fabriques de soieries là où l'on recueille la matière première.

Ainsi aux provinces que nous avons nommées, il

faut ajouter celles du Khouzistan, du Fars et du Djebal, pour compléter la liste des contrées qui fournissent des soieries à la consommation. Le Djebal, oA est la ville célèbre dlspahan, sert comme d'intermédiaire entre le Tabaristan au nord et les deux provinces du Khouzistan et du Fars, qui s'étendent le long du golfe Persique. De tout temps les villes de la Perse avaient été célèbres par leurs manufactures de lin et de coton ; leur voisinage du golfe Persique leur avait donné le privilège de recevoir les premières la soie qui arriva de la Chine. Ce sont elles, à Tépoque où nous sommes parvenus, qui absorbent encore la soie chinoise importée à Syraf. Auprès des belles étoffes en lin et en coton (1) de Cazeroum, de Schiraz, dlstakhar, ^industrie des provinces du sud expose les riches soieries et brocarts de Sous, de Toster, de Yezd, de Besa.

Mais laissons parler les auteurs arabes auxquels nous avons emprunté tous ces détails, Al-Istakry, Ibn-

(1) A propos de tissus de cotoD, nous citerons les fameuses robes brodées dont parle Abou-Dolef dans le récit du voyage qu'il fit au dixième siècle et que Yacout a conserva dans son gmnd dictionnaire : « Ei (il s'agit du prince du Sedjestan) sunt in hac » regione textrina in quibus vestes texuntur et quotidie uni eon rum qui ad eum veniunt, kalat, quam quum acu picta sit, » quinque millia dirhemorum asâtimat^ atque prœterea jumentum » dat. » Abu~Bolef MisariSy de itinere asiatiœ œmmentanum; trad. kurd de Schœlzer, p. 28.

On nommait halat, que nous regardons comme identique à khilat, le vêtement offert par les princes souverains aux personnes qu'ils désiraient honorer.

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