DEUXIÈME PARTIE CH- II. 4SI
Haukal(i) etEdrisi; c'est la meilleure manière de l^yr témoigner notre reconnaissance.
A Toster, dans le Khouzistan (Fancienne Susiane), on fabrique le dibadj (2) qui s'exporte partout : le khalife y possède un tiraz (atelier de broderie et de tissage). Pendant de longues années les voiles, que les khalifes étaient obligés de donner à la Kaaba (3), furent fabriqués à Toster.
(4) Nous résumons les renseignements fournis par ces géographes, d*aprèsla tradactioo que M. de Goeje a eu la bonté de faire pour nous des textes arabes. Quant à Edrisi, c'est la traduction de M. Amédée Jaubertque nous avons consultée.
(â) M. Dozy mentionne^ Dictionnaire d^s noms des vêtements chez les Arabes^ p. 462, les étoffes de soie brochées d'argent qu'on lissait à Toster.
(3) « La couverture du temple de la Mecque^ au temps de Ti- » gnorance, c'est-à-dire antérieurement à Mahomet, consistait en » tapis de cuir. Omar et Otbman revêtirent la Kaaba d'étoffes » coptes en lin; Hadjdjadj le premier la couvrit de brocart; pos- » térieurement les plus riches tissus furent consacrés à cet usage.
« Les victimes qu'on devait sacriGer étaient couvertes avec les » mômes étoffes : ces étoffes, ainsi que les tissus précieux offerts » par les pèlerins, étaient déposés dans le trésor du temple. Lors- » que, après les succès do l'islam, ce trésor se fut suffisamment » accru, on varia les voiles dont était couvert le temple vénéré : » ainsi le brocart rouge, l'étoffe copte et le brocart blanc se suc- » cédèrent à jours déterminés. Ces voiles étaient-ils hors de ser- » vice, soit parce qu'ils s^usaient, soit parce que la piété des » fidèles les morcelait, un appel était fait par les gardiens du tem- » pie à la générosité des khalifes. Après les Abbassides^ ce forent » les sultans d'Egypte qui se chargèrent d'envoyer annuellement tt les couvertures delà Kaaba. Coth'eddin raconte que les revenus » de deux villages en Egypte furent spécialement affectés à l'achat
AUSous est célèbre par ses étoffes mélangées, fc^ 20tiz^qu'on exporte dans les pays étrangers(l);Corcoub par ses brocarts et ses samautschered. Dans Tune et l'autre ville le khalife a un tiraz.
A Ramhonnouz on fait des vêtements de soie (ibrisam) pour Texportation.
Si du Kbouzistan nous allons dans le Fars (la Perse), ' c'est Fesa qu'il faut citer comme la ville la plus importante par ses diverses industries. On y fabrique des étoffes façonnées ou brocarts waschj^ enjolivées d'or, qui surpassent tout ce qui se fait ailleurs dans le même genre; des tapis de laine précieux destinés soit au khalife , soit au commerce ; des couvertures de cazz, avec un dessin à pois (2), réservées pour le khalife; du sausautschered plus fin et meilleur que celui de Gorcoub) parce qu'il est en laine, tandis que celui de Corcoub est en soie (ibrisam) et que la laine est préférable à la soie dans la fabrication des tissus. On exporte encore de Fesa des tissus mélangés de laine et de cazz
» de ces voiles qui consistaient & cette époque ea un voile noir B pour le dehors^ un voile rouge pour rintérieur, un voile vert » pour le tombeau du prophète. » M. De Goeje.
(1) Khozouz est le pluriel do khazz. Nous rappelons que nous avons dit que le^aoBiov des Byzantins était le khazz.
(2) Voir sur les dessins à pois ce que nousi avons dit dans no tre premier volume, p. 242. Les commentateurs croient recon* naître ce dessin dans le mot [aou^^oxiov dont se sert Godinus (p. 43> édit. Niebuhr) en parlant des chaussures du despote, chaussures qui étaient de deux couleurs, pourpre et blanc*