‹ Histoire de la soieChapitre 92 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. H · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. H

savantes et longues riacherches, qu'Alexandrie a été au moyen âge, comme dans les temps antérieurs, seulement un entrepôt des produits de TOrient. Et il nous semble que \es vêla aUxandrina dont parle souvent Anastase le Bibliothécaire (1) et les pailes d'Alexandrie si fréquemment mentionnés par les trouvères (2), si toutefois on doit voir uniquement ^^des soieries dans les étoffes ainsi dénommées et exclure le& tissus en coton fabriqués en Egypte et célèbres sous le nom de tissus coptes, représentent des étoffes de soie importées d'Alexandrie en Occident et. non fabriquées à Alexandrie. Exclure totalement la soie de toutes les riches étoffes qui rendaient célébré Tindustrie égyptienne n'est pas chose possible, et tell^ n'est pas notre pensée. Nous constatons que les renseignements, recueillis par Quatremère sur les manufactures de l'Egypte, indiquent là laine, le coton et le lin, mais non la soie, comme les matières textiles récoltées et mises en œuvre. Dans le Saïd, c'est le coton et la laine; la ville de Kaîs est renommée par ses étoffes en laine et ses manteaux en poils de chèvre écrus (3); la ville de Behnesa, située, comme la précédente, sur la rive occidentale du Nil, donne son nom aux belles tapisseries célèbres sous la

(1) Devitis roman, pontif, apud Muratorî.

(S) M. Francisque Michel a recueilli de nombreuses citations dans les anciens romans de chevalerie. Tom. i, p. 233 et 277. (3) Quatremère : Mémoires g éographiqites sur V Egypte^ p. 441 •

qui^ depuis les premiers siècles, visitaient Jérusalem, les uns venaient uniquement pour commercer (1), et ne pouvaient oublier les riches tissus de TOrient ; les autres, que la piété seule guidait, achetaient des soieries ou bien pour envelopper les reliques qu'ils voulaient emporter ou bien pour avoir des offrandes à déposer à leur retour dans quelque chapelle vénérée. Aussi la prosfté* rite du commerce d'exportation des étoffes de soie resta subordonnée au sort des chrétiens en Syrie : elle grandit lorsque la nécessité de trouver dans les rois franks des alliés contre les empereurs grecs ligués avec les khalifes» de Cordoue détermina les khalifes de Bagdad à entretenir des relations amicales avec les rois Carlovingiens, relations qui amenèrent une amélioration trèshsensible dans rétat des chrétiens en Orient (2). Elle s'arrêta au contraire lorsque les persécutions contre les chrétiens

(4) « Non defuerunt de occidentalibus multiqullocasancta, licet » in hostium potestate redacta^ aut devotionis, aut commercio- )) rum^ aut utriusque gpratia visitarent aliquoties. » Wilihelmi Tyriiarch. hist,

L*importance^ au point de vue commercial, des pèlerinages en Terre-Sainte a été mise en relief par de Guignes dans son mémoire sur VÊtat du eommerce des Français dans le Levant oMxnt les Croisades, Mémoires de TAcad. des Inscrip* et Belles*Leitres^ tom. xxxvii.

Michaud, dans son i"^' livre de V Histoire des Croisades et dans les notes justificatives, résume les pèlerinages les plus importants, ceux dont on a quelque relation écrite.

(5) Les ambassades échangées entre Charlemagne.et Harounal-Raschid sont partout racontées .

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