‹ Histoire de la soieChapitre 93 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. IK · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. IK

d'Orient (l}6tèrent toute sécurité aux pèlerins, et c'est ainsi qu'on doit s'expliquer les énormes quantités de soieries accumulées à la fin du onzième siècle dans les villes dont s'emparèrent les croisés. Les historiens lalins, quand ils parlent de la prise d'une ville orientale, omettent rarement de mentionner les soieries tombées au pouvoir des vainqueurs (2). Guillaume de Tyr montre ces riches étoffes abondantes même dans les camps des musulmans, et les place dans le butin que font les premiers croisés après leur victoire sur l'armée turque accourue au secours d^Antioche (3) ; elles avaient pour origine le pillage des provinces traversées par les troupes musulmanes, aussi bien que le commerce régulier fait par les marchands qui suivaient* ces armées.

« Les draps d'or et de soie formaient la plus grande partie du chargement des caravanes qui alimentaient le commerce de la Palestine et contre lesquelles les croisés dirigeaient souvent leurs entreprises (4). Ces

(4) AÎDsi les persécutions du khalife Hakem, le 3® des Fatemides^ puis celles des Turcs Seldjoucides, au onzième siècle.

(2) M. Francisque Michel^ p. 463.

(3) <t Gonsummato igitur prselio, et divinitus concessa nostri n principes potiti Victoria in castra hostium redeunt : ubi tantam » remm necessatiarum reperiunt opulentiam^ tantas orientalium » divitiarum copias^ ut jam auri, argenti, gemmarum, holoseri- » corum et pretiosarum vestium^ necnon et vasorum tam artificio n quam materia comraendabilium, neque numerus esset, neque » mensura. » Will. Tyr. arch. hist.yWh. vi. Gesta Dei per Francot^^, 716.

(4) M. Francisque Michel, tom. i, p. 60 note.

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caravanes qui allaient de Syrie en Egypte, on le^ retrouve jusque sous les rois latins^ du moins, Bromton nous montre, sous Richard I*% une caravane égyptienne en route pour Jérusalem et chargée, entre autres denrées, d'étoffes de soie, de pourpres de diverses espèces, de siglatons, de matelas ou coussins de soie habilement brodés à Taiguille, de pavillons et de tentes d'un très-grand prix (1). »

Ce n'était donc pas seulement en Syrie et en Palestine que le commerce d exportaJ;ion prenait les soieries; TEgypte, bien que ses relations commerciales n'aient plus cette grande activité si remarquable durant les premiers siècles de notre ère, ne saurait être oubliée.

(( Dans les premiers temps de l'occupation de l'Egypte par les Arabes, le commerce d'Alexandrie éprouva quelque ralentissement. Les productions de l'Arabie, des côtes de l'Ethiopie, du centre de l'Afrique et de l'Ëgj'pte étaient dirigées vers Bassora, pour servir aux communications intérieures, aux échanges avec l'Inde, la Chine et les contrées de l'Asie septentrionale, ainsi qu'aux expéditions vers les côtes de Syrie (2). »

Ce résultat d'une centralisation exagérée fut bientôl^ effacé, d'abord par Tactivité commerciale qui, comme nous l'avons vu, ne tarda pas à régner dans les ports

(1 ) M. Francisque Michel, tom. i, p. 59. — La chronique de Bromton est dans le recueil de Twysden^ Hist. anglic. scriplores, tom. i. (t) Pardessus, Introduction aux fois maritimes^ p. 85 et 86.

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