DEUXIÈME PARTIE. CH. II
savantes et longues recherches, qu'Alexandrie a été au moyen âge, comme dans les temps antérieurs, seulement un entrepôt des produits de l'Orient. Et il nous semble que lesvelaaUxandrinaioni parle souvent Anastase le Bibliothécaire (1) et les pailes d'Alexandrie si fréquemment mentionnés par les trouvères (2), si toutefois on doit voir uniquement ,^des soieries dans les étoffes ainsi dénommées et exclure le& tissus en coton fabriqués en Egypte et célèbres sous le nom de tissus coptes, représentent des étoiTes de soie importées d'Alexandrie en Occident et. non fabriquées à Alexandrie. Exclure totalement la soie de toutes les riches étoffes qui rendaient célébré l'industrie égyptienne n'est pas chose possible, et tellcj n'est pas notre pensée. Nous constatons que les renseignements, recueillis par Quatremère sur les manufactures de l'Egypte, indiquent la laine, le coton et le lin, mais non la soie, comme les matières textiles récoltées et mises en œuvre. Dans le Saïd, c*est le coton et la laine; la ville de Kaïs est renommée par ses étoffes en laine et ses manteaux en poils de chèvre écrus (3); la ville de Behnesa, située, comme la précédente, sur la rive occidentale du Nil, donne son nom aux belles tapisseries célèbres sous la
(4) Devitis roman, pontif, apud Muralori.
(5) M. Franeisque Michel a recueilli de nombreuses citations dans les anciens romans de chevalerie. Tom. i, p. 233 et 277.
(3) Quatremère : Mémoires géographiques sur r Egypte j p. 441*
498 HI8T0MIB DE l.A SOIE.
dénomination d# Bebnesaiech, •( fburoît à la caosùm-
matton de» robes, de^ tapis, des tentes en laipe et en coton (1). Dans la jbasflie Egypte, c'est le lin et aus^i le coton ; « il n y avait au inond# qua las febriquea da Tenni$ et do Damiett^ où une robe toute do coton et dana lamelle il n'entrait pas d'or, se i^ndlt cent dinars (2), » On fabriquait da &ies étoffes de lin à Sbata, villç voisiM d^ Tannis et de Damiette. et à Dabik» à Damira, à Tonna, toutes dépendantot de Tannis et situées dans les 11^^ du lae ; aucune de ces manufactures ne produisait toutefois des robes de lin eomparables à Civiles qui étaient tissées à Tennis (3)« L or était ordinairement m^lé à ce3 tissus de laioa ou de coton pour en rehausser le prix, et nul doute que des broderies faites avea de la ^oje ne leur fussent également adap^ lies (4).
A voir la profusion de soieries répandues dans la consommation égyptienne, bien que l'industrie indigène n'en fournit aucune, on comprend qu'il n'y avait pas népe^sité de détourner les manufactures de la fabri-
(k) Quairomère, iom. i^ p. Sft5.
W Quatremèro, lom. i, p. 309. 1^6 àmr valftit & pei^ prèa 20 francs de notre monnaie*
(3) Quatremère entre dans de minutieux détails sur toutes les villes manufacturières appartenant au territoire de Teunis. Mém* géogr. sur l* Egypte^ tom. i, p« SOS à 344 .
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cation où elles excellaient pour leur faire produire de» étoffes de soie.
La description qu'a donnée Macrizi dés trésors pillés dans les palais du khalife fatémide Mostanser Billah (1036-109-4) par les troupes turques ïrévoUées» présenté quelques détails très intéressants. Ce catalogue, yéri table conte des Mille et une Nuits ^ tout étiftcelant de perles, de pierreries et de mierveilles en tout genre, en verreries, en porcelaines ^ «te. , contient, à Tarticle du garde-meuble et à Farticle du dépôt des tentes, l'énumération suivante (1) :
« On trouva quantité de co&lres remplis d'une rnultititude de miroirs d'«cier, de porcelainej de verre, tous enrichis de filigrane d'or et d'argent j quelques-uns étaient bordés de pieireries et avaient des manches de cornaline et d'autres pierres précieuses. Us étaient enfermés dans des étuis faits de velours, d^itoffes de soie de différentQi^ espèces ou des plus beau& bois, et dont les serrures étaient d'or ou d'argent ; un grand nombre de parasols dont les cannes étaient d'or ou d'argent ; près d'un millier d'ustensiles d'argent enrichis d'or, et auxquels la finesse du travail et la beauté de la ciselure ajoutaient un nouveau priXé Ils furent tous vendus au quart de leur valeur» On tira également des
(4) Nous iraQflcritotis qaelques*>une8 des pages da Mémoire de Quatreiaère sur la vie de Mostanser Billah. Mémoires g^graphiqueemr VEg^j^e, tom^ ti, p. 310 et suit.
irés(^ du palais une quantité prodigieuse d'échiquiers et de damiers en soie, brodés d'or, et dont les pions étaient d'ébèue, d'ivoire, d'argent, d'or et de pierres précieuses de différentes sortes (1).
« Ibn-Abdel-Aziz rapportait que le nombre des objets, dont l'estimation avait été faite par lui ou en sa présence , s'élevait à plus de cent mille , parmi lesquels on comptait plus de cinquante mille pièces de damas Khosranoany^ qui, pour la plupart, étaient enrichis d'or (2).
« Au rapport de l'émir Aboul-Hassan-Aly, à l'époque oi les séditieux obsédaient Mostanser pour se partager ses trésors, quelques valets de chambre étant entrés dans une chambre ou était pratiqué un grand nombre d'armoires dont chacune avait une échelle séparée, en tirèrent deux mille tapis qui n'avaient jamais servi, et qui étaient de damas ou d'autres étoffes brodées en or et représentaient toutes sortes de figures. Quelques-uns qui étaient de damas rouge enrichi d'or et du travail le plus parfait , offraient des parcs dans lesquels étaient rassemblés des éléphants 5 le terrain sur lequel étaient appuyés les cuisses et les pieds.de ces animaux n'avait aucune dorure. On tira de Fun des magasins trois mille
(4) Quairemère, p. 3*70.
(%)Ibid.y^, 375. Les soieries khosrawany figurent parmi les éloifes précieuses doât on couvrait la kaaba. Khosrawany signifie fabriqué i Khosrawana, village situé pr^s de Wasel en Irac.