‹ Histoire de la soieChapitre 96 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE^ CH- II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE^ CH- II

cheiQdii, revenant de Tbide et de U Chine, après avoir visité Syraf ou £»euletnent Mascate, poursuivaient leur navigation vers la mer Rouge, jusqu'à Djidda(l). Des navires spéciaux faisaient le service du golfe , et en vingt-quatre heures transportaient les marchandises de Djidda» ville située sur la côte arabe, à Aldab sur la côte é^^ptienne. Puis comme jadis, des caravanes tra* versaienl^le désert qui sépare la mer Rouge du Nil^ et conduisaient à Keft ^rancienne Coptos) les marchant dises qui devaient descendre ce fleuve. Sous le règne

des Faténiides, Keft perdit son importance dont hérita une ville voisine ; « Kous, la plus grande ville du Sald, dit Macrizy , est située sur la rive orientale du Nil et est le chef-lieu d'une {vovince très importante. C'est, le premier endroit où s'arrêtent les caravanes qui viennent de l'Inde^ de rAbyssinie» du Yemen et de THedjaz, qe traversant le désert d'Âïdab. Kous renferme un grand nombre de fondouks (hôtelleries), de maisons particulières, de bains, de collèges, de jardinS, de potagers. Sa population est composée d'amans de toute espèce, de marchands, de savants et de riches propriétaires (2). » Dé Kous, comme précédemment de Keft, les épiceries et les tissus asiatiques allaient, par la voie du Nil, soit au Caire, soit à Alexandrie.

(4) Voir plu» haut, p« 444 .

(S)iQuaUeiaère ; Mém&ire$ géographiques sur VEgypU, tom. 4, p> 494.

Le commerce égyptien était encore alimenté par les caravanes qui, en revenant de la Mecque, longeaient la rive orientale de la mçr de Kolzoum, et entraient en Egypte par la ville de Clysma ou Kolzoum (1), située, d après Quatremère, non loin de la ville moderne de Suez. Masoudy parle d un large pont jeté au lieu nommé la quetœ du crocodilCy à un mille de distance de Kolzoum, sur le canal qui unissait le Nil et la mer Rouge, pont qui s^j^ait de passage aux pèlerins d'Egypte (2).

La facilité de se procurer les étoffes de soie qui étaient importées directement de la Syrie et indirecteipent des foires de la Mecque, les obstacles que trouvait la culture du mûrier dans le climat de l'Egypte et dans la nature de ses terrains si peu accidentés, peut-être aussi la force de l'habitude, telles sont les raisons qui empêchèrent Alexandrie de réunir, coi^e Ântioche, l'industrie et le commerce des soieries. Nous partageons l'opinion émise par M. Francisque Michel (3), après de

(4) Quairemère, dans une savante dissertation, établit que la position de ces deu^ villes était identique, à l'extrémité septentrionale du golfe arabique. Mémoires géographiques sur V Egypte, tom. ly p. 454 et suiv.

(2) Quatremère : Mémoires géographiques sur V Egypte, p. 474. Ce même passage de Masoudy que cite Quatremère résume les tentatives faites ou projetées pour unir la Méditerranée au golfe arabique^ tentatives fort intéressantes aujourd'hui que Tenlreprise de M . de Lesseps semble devoir définitivement résoudre ce graud problème tant de fois agité de la jonction des deux mers . Il prouve aussi quelle activité conservait le transit dans cet isthme.

(3) Tom. I, p. 879.

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