VI AVANT-PROPOS
parlent, me sauront sans doute gré du parti que j'ai pris. Traduire servilement en français un écrivain allemand, c'est presque toujours le travestir. La fidélité doit porter sur les pensées qui sont véritablement la propriété de Fauteur , et
non sur les formes du langage et du style qui appartiennent en grande partie au temps et au lieu où il a écrit , et que le traducteur ne saurait essayer de reproduire sans s'exposer à répandre , sinon de l'obscurité, du moins une teinte de barbarie et d'affectation sur son ouvrage. La tâche de celui qui traduit en français un auteur étranger me paraît être celle de faire parler cet auteur comme il est présumable qu'il se fût exprimé lui-même clans notre langue en
DU TRADUCTEUR. Vil
s adressant à des Français. Je me suis permis , dans le cours de cet ouvrage , différentes transpositions qui m'ont paru rendre le récit plus clair : j'ai suppléé de loin en loin des intermédiaires nécessaires pour faciliter l'intelligence du texte; ici j'ai intercalé des transitions, là j'ai ménagé des points de repos : je n'ai rien négligé, en un mot, de ce que j'ai cru propre à soulager l'attention du lecteur, et à établir la plus grande liaison possible entre les différentes parties d'une histoire qui embrasse dans son ensemble un cours de dix-neuf siècles , et se compose des annales de vingt-deux nations.
J'ai accompagné le texte d'un assez grand nombre de notes; les unes sont ,de simples éclaircissemens historiques ou