‹ Histoire de la terreur, 1792-1794Chapitre 92 sur 226 · Rapport du ministre de la justice du 13 mars · texte numérisé non relu

Rapport du ministre de la justice du 13 mars

i. Voir le récit de Fournier à la barre de la Convention, Journal det Débats et Décrets, n°76, p. 164, séance du 15 mars. Le Moniteur, n* 76, mentionne à peine la comparution de Fournier et ne rapporte rien de sa déposition.

ils restent fidèles au programme que leur ont tracé les auteurs du manifeste. Ils se dirigent vers les imprimeries des journaux girondins, y pénètrent de force, dispersent les caractères, saccagent meubles et marchandises, manifestent hautement l'intention de faire un mauvais parti à tous ceux qui voudraient tenter de mettre obstacle à leurs déprédations. Gorsas, spécialement désigné aux vengeances populaires, traverse, non sans peine, un pistolet à la main, les flots pressés de ceux qui ont violé son domicile ; il saute par-dessus les murs de son jardin et se réfugie à sa section, où il réclame protection et assistance1.

Les mêmes violences, les mêmes pillages se commettent de l'autre côté de la Seine dans les ateliers ou s'imprime la Chronique*. Des feuilles girondines, les émeutiers veulent passer aux journaux qui cherchent à louvoyer entre les deux partis et n'ont point encore franchement arboré l'étendard démagogique. Ils se dirigent vers les ateliers où s'impriment le Moniteur, les Révolutions de Paris et quelques autres. Mais les nombreux ouvriers attachés à ces entreprises ont eu le temps de se mettre sur leurs gardes, et leur attitude énergique fait reculer les dévastateurs.

Pendant ce temps, il y avait foule aux Jacobins. La puissante société recevait les bataillons de volontaires qui avaient demandé la permission de défiler devant elle et de lui présenter leurs hommages. Au milieu du tu-

t. Rapport du maire de Paris du 10 mars. i. L'imprimerie de Gorsas était établie dans la rue Tiquetonne. celle de la Chronique dans la rue Serpente.

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