‹ Histoire de la terreur, 1792-1794Chapitre 93 sur 226 · LIVRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX

limite effroyable qu'entretiennent le continuel va-et-vient des députa lions, le cliquetis des armes, les harangues désordonnées des sectionnaires, les clameurs de la multitude qui se presse au dedans et au dehors, on discute le? moyens de sauver la patrie.

Voici ceux que propose un des orateurs : « Que tous les bons patriotes qui se trouvent réunis dans la salle de la rue Saint-IIonoré se divisent en deux troupes, dont Tune se portera sur la Convention pour se débarrasser de ceux qui ont refusé de voter la mort du roi; l'autre, au ministère des affaires étrangères, où sont assemblés les membres du Pouvoir exécutif, pour y faire maison nette. » Un autre, plus modéré, veut qu'on se borne à mettre en état d'arrestation les ministres et les membres du côté droit. Sur ces entrefaites arrive Dubois-Crancé qui, quoique montagnard déterminé, adjure ses collègues du club de repousser les motions incendiaires. Les aflidés du comité d'insurrection, voyant que la niasse des jacobins hésite à donner le signal, quittent le club et courent aux Cordeliers qui siégeaient sur la rive gauche de la Seine, près de la rue Saint-André-des-Arts.

Ils y trouvent des dispositions plus énergiques. A leur demande, cette société prend un arrêté qui invite les autorités parisiennes à s'emparer de l'exercice de la souveraineté et à mettre en arrestation les membres de la Convention traîtres à la cause du pays 1 . Fournier PAméri-

l. Rapport du ministre de la justice du 13 mai*. Discours de l>ubois-Ciancé également à hi séance du 13 mars.

HISTOIRE DK LA TKRKEl'R.

eain et Varlet, deux des principaux conjurés, s'emparent de cet arrêté aussitôt qu'il est libellé et vont le porter à la Commune. Le Conseil général ne pouvait être que trèsflatté de la confiance que lui témoignaient les conjurés; mais, dans l'exposé que lui font ceux-ci de leurs moyens d'action, il ne voit pas des éléments de succès suffisants et refuse de prendre au mouvement populaire la part que le comité de la rue Saint-Honoré lui avait réservée. Quatre sections seulement1 adhèrent à l'arrêté de la société des Cordeliers et adoptent une adresse préparée d'avance où il est dit : « Que l'évacuation de la Belgique est l'œuvre de la faction impie qui paralyse la Convention nationale et déchire le sein de la République ; que les succès des ennemis de la France sont dus au traître Dumouriez et aux menées odieuses des Roland, des Brissot, et de leurs amis; qu'il faut donc s'en débarrasser à tout prix. »

Pendant ce temps, la Convention avait ouvert sa séance du soir et recevait les députations de diverses

<. Ces sections étaient Mauconseil, les Lombards, le Théâtre- Français et les Quatre-Nations. A ce moment (une heure du matin), elles ne comptaient que très-peu de membres présents. Une délibération ultérieure de la section du Théâtre-Français reconnaît que rassemblée ne se composait que de vingt individus lorsque fut adoptée l'Adresse présentée par Varlet. Il avait dû en être de même dans le* trois autres section*.

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