‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 122 sur 262 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

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nentes, elles pouvaient tenir séance, par conséquent élire et envoyer des commissaires à toute heure du jour et de la nuit. La réunion étant effectuée à l'Hôtel de Ville*, qui oserait s'apercevoir qu'au lieu de répondre à la convocation municipale on aurait obéi à l'appel des sections ultra-révolutionnaires? Du moment qu'on apporterait des pouvoirs libellés au nom de telle ou telle section, qui oserait discuter le nombre des citoyens desquels on déclarerait les tenir? On était sûr d'une dizaine de sections affidées ; pour les autres, suivant les circonstances, on n'avait qu'à Taire envahir la salle des séances par des émeutiers apostés^, ou bien à intimider les quelques membres du bureau tenant la permanence; quant aux sections sur lesquelles il serait trop difficile d'agir, on se passerait de leur assentiment.

A onze heures du soir 2, la section des Quinze-Vingts qui, pendant toute la soirée, avait espéré rester le centre exclusif du mouvement, s'aperçut de l'isolement dans lequel on la laissait. Elle comprit qu'il fallait abandonifer son projet primitif et se résigna à prendre l'arrêté suivant, qu'elle savait d'avance devoir être adopté sans conteste par les sections du centre :

« Attendu qu'il s'agit de sauver la patrie et la chose publique, la section nomme trois commissaires pour se rendre à la maison commune et, conjointement avec

4. Voir, à la fin du volume, note IX, n» Î5, l'extrait du procèsverbal de la section Montreuil, qui constate Penvabissement des émeutiers.

2. L'heure à laquelle Tarrêté des Quinze- Vingts fut pris est donnée par le procès-verbal de la section de Bondy.

m HISTOIRE DE LA TERREUR.

ceux qui seront nommés par les autres sections, aviser aux moyens de se concerter sur les mesures à prendre dans les circonstances actuelles^. »

A la suite de ce premier arrêté, deux autres sont pris : Tun met sous la sauvegarde du peuple les commissaires envoyés à T Hôtel de Ville, l'autre déclare que Ton ne recevra plus d'ordres que des commissaires de la majorité des sections réunies^.

Ces résolutions sont apportées dans les sections vers minuit. Celles du centre, notamment Mauconseil, les Gravilliers et les Lombards, avaient pris ou prenaient au même moment des décisions identiques : les arrêtés des Quinze-Vingts y sont par conséquent reçus avec le plus vif enthousiasme.

Mais, dans beaucoup d'autres sections, la séance est levée ; il ne reste plus dans la salle que quelques individus endormis sur les banquettes. On les réveille, on leur dit qu'il faut sur-le-champ nommer des commissaires pour aller à l'Hôtel de Ville sauver la patrie en danger. A l'Arsenal, les six personnes qui se trouvent dans la salle du comité nomment trois d'entre elles pour représenter quatorze cents citoyens actifs ^. Les choses se pas-

1 . Le texte de cet arrêté est donnée d'une manière incomplète dans le procès-verbal de la section des Quinze-Vingts, imprimé dans VHiS" toire parlementaire de Bûchez et Roux, t. XVI, p. 407. Nous ravôns retrouvé dans le procès-verbal de la section du Roule. Le rédacteur a transcrit le modèle même qui avait été envoyé par les Quinze- Vingts.

%. Procès-verbal des Quinze-Vingts, dans V Histoire par lementairej t. XVI , p. 40.

3. Voir le procès-verbal de cette section, que nous donnons in extenso à la un de ce volume, noie IX, n° 34, c'est celui qui révèle

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