LIVRE VII
heure, des « frères et amis » pour opérer une pression incessante sur toutes les sections^. Néanmoins, beaucoup d'entre elles repoussent ces appels à l'insurrection, quelques-unes lèvent leur séance à l'heure accoutumée 2, persuadées qu'il ne peut rien se passer d'extraordinaire, ou ne voulant se mêler de rien ^.
Les çhefè de l'insurrection avaient longtemps hésité entre deux projets. Les meneurs du faubourg Saint- Antoine voulaient faire du local ordinaire du comité des Quinze- Vingts le point central de la réunion des commissaires des quarante-huit sections ^. Les meneurs des
4. Beaucoup de procès-verbaux mentionnent Tarrivée des délégués de Mauconseil, des Lombards et du Théâtre-Français, aussi bien que des Quinze-Vingts, qui demandent et obtiennent Tautorisation d'assister aux séances des sections suspectes de modérantisme.
5. L'heure de la levée de la séance est précisée dans plusieurs procès-verbaux. La section du Temple leva sa séance à neuf heures et demie; celles do l'Oratoire et de la place Vendôme, à dix heures; celle du Louvre, à onze heures et demie.
3. Voir, à la fin de ce volume, le résumé que nous avons fait des procès- verbaux de chacune des quarante-huit sections, et les extraits que nous avons donnés des délibérations qui nous ont -paru les plus importantes.
4. On lit dans le procès-verbal de la section des Arcis (séance du 9 août au soir] :
« A l'instant est arrivé un citoyen du faubourg Saint-Antoine , qui a remis sur le bureau une délibération de la section des Quinze-Vingts en date du 4 du présent mois , demandant entre autres choses que
sections du centre de Paris voulaient que le rendez-vous des commissaires fût à l'Hôtel de Ville même. Par un sentiment de jalousie facile à comprendre, ils répugnaient à paraître subordonnés aux Quinze-Vingts. Le reste du programme était le même partout : on devait déclarer bien haut que les commissaires auraient « mission de s'entendre avec la municipalité sur les moyens d'entretenir le calme et la tranquillité, sans pouvoir s'immiscer d'aucune manière dans les fonctions municipales^; » on leur donnerait tout bas le mandat d'arracher, une à une, au conseil général de la commune les décisions indispensables à la désorganisation de toute résistance, sauf à briser les autorités légales lorsqu'on n'en aurait plus que faire.
Comme nous l'avons vu, par de fréquentes convocations extraordinaires et surtout par l'institution du comité central de correspondance, on avait habitué les sections à envoyer à l'Hôtel de Ville des délégués délibérer sur toute espèce d'objets. Pour le 10 août précisément^, la commune les avait invitées à nommer des mandataires afin de concourir à la discussion d'un projet relatif à la formation d'un camp sous Paris et aux moyens de défendre la capitale en cas d'invasion. Légalement perma-
deux commissaires fussent nommés par la section, lesquels se réuniraient aux commissaires nommés par les autres sections, assemblés aux Quinze-Vingts, pour délibérer conjointement sur les circonstances. »
4. Nous copions textuellement Tarrèté pris le 7 août par la set^tion Mauconseil. Voir à la fin de ce volume, note Vin.