‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 131 sur 262 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

Aussitôt qu'ils se trouvent réunis en nombre à peu près suffisant, les commissaires invitent chacune des sections affidées à leur envoyer vingt-cinq hommes bien armés *. Puis, ils établissent une correspondance incessante entre le dedans et le dehors de la maison commune, a6n que les complices qui se tiennent sur la place puissent facilement appuyer de là ce qui se prépare à l'intérieur.

Ces premières précautions prises, on ne s'occupe plus que du commandant général et de ses plans.

Nous l'avons déjà dit, Mandat avait établi des postes de gardes nationaux aux têtes de pont, dans le but d'empêcher toute communication entre les deux rives de la Seine, et par conséquent de rendre impossible la réunion des deux courants populaires descendant du faubourg Saint-Antoine et du faubourg Saint-Marceau. Au Pont- Neuf, se trouvait le grand parc d'artillerie de réserve ; de là seulement, on pouvait tirer le canon d'alarme. Ce poste important était conQé aux gardes nationaux de la section Henri IV 2, dévoués à la cause de l'ordre et commandés par un officier très-solide et très-résolu , le commandant Robert.

Vers le milieu de la nuit, se présente, au terre-plem du Pont-Neuf, un personnage aux moustaches retroussées, à la face sinistre; il porte l'uniforme de sergent de canonniers ; des poches de son gilet sortent deux crosses

4. Procès-verbal de la section Mauconseil, à la fin de ce volume, note VIII.

9. Voir, à la fin de ce volume, note VIH, la délibération de cette sectien, qui dénonce à Taccusateur public le fameux arrêté Mauconseil comme tendant à soulever le peuple contre les autorités constituées.

de pistolet^; trois ou quatre individus d* allures aussi suspectes le suivent. L'homme aux pistolets déclare au commandant Robert qu'il est chargé par la section Mauconseil de lui donner communication d'un arrêté qui le requiert de tirer le canon d'alarme^. Naturellement, le commandant refuse avec mépris de se soumettre à un tel ordre émané d'une pareille autorité et transmis par un semblable délégué. Le sergent de canonniers et ses acolytes sont appréhendés au corps; l'écrit dont ils sont porteurs est saisi et transmis au bureau central de police et, de là, au conseil de la commune.

Mais bientôt surviennent deux officiers municipaux, ceints de leurs écharpes; ils lisent à Robert la pièoQ suivante :

n Le conseil municipal charge MM. Hu et Baudouin, deux de ses membres, de se rendre sur-le-champ au poste de Henri IV et de faire mettre en liberté les quatre citoyens de la section Mauconseil qui s'y trouvent

détenus.

» Cousin, doyen d'âge; Royer, secrétaire. »

Le commandant hésite un moment; mais n'osant pas entamer une lutte inconstilutionnelle avec la commune, il se décide à mettre ses prisonniers en liberté ; seulement il se garde bien de tirer le canon d'alarme, et il exdte les gardes nationaux qui l'entourent à défendre leur parc

4. Pour ce qui suit, nous suivons le rapport de Robert, que nous avons retrouvé dans les papiers de La Ctiesnave.

2. Le rapport de Robert est confirmé par le procès-verbal de la section Mauconseil , que Ton trouvera à la fin de ce volume, note VIIL

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