‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 132 sur 262 · LIVRE VII. Î · texte numérisé non relu

LIVRE VII. Î

d*artillerie contre n'importe quels assaillants. Se doutant qu*il ne doit pas être seul exposé aux menaçantes injonctions des insurgés et aux. faiblesses du conseil général, il se met en rapport avec le chef du bataillon du quai des Âugustins, Wille, posté au pont Saint- Michel. Celui-ci lui fait répondre qu*il ne demande pas mieux que de remplir son devoir, mais qu'il vient de recevoir la visite du commandant des fédérés marseillais ^ et que celui-ci l'a sommé de livrer passage à sa troupe : « Nous passerons d'une manière ou d'une autre » , avait dit h Wille le chef des insurgés. Sur cette nouvelle, Robert se prépare résolument au combat ; il range ses hommes en bataille et fait pointer ses pièces. Soudain, reparaissent les deux mêmes délégués du conseil général, assistés d'un troisième, d'opinions encore plus prononcées, Osselin; ils sont porteurs d'un nouvel arrêté ainsi conçu :

« Le conseil général, s'étant fait rendre compte de la disposition actuelle des canons sur le Pont-Neuf,

« Révoque et annule tout ordre qui aurait pu être donné par le commandant général, charge MM. Osselin, Hu et Baudouin de faire exécuter le présent arrêté et, en

conséquence, de faire rentrer les canons dans le parc d'artillerie 2.

« Cousin, président; Royer, secrétaire. »

4. Les fédérés marseillais étaient casernes tout près de là, aux Cordeliers, aujourd'hui l'École-de-Médecine. Ils y avaient été transférés de la caserne de la Nouvelle-France qu'ils avaient d'abord occupée.

2. Nous croyons devoir donner la biographie des principaux acteurs du 40 août, voici celle des trois officiers municipaux que nous voyons désorganiser les préparatifs de défense de Mandat :

Osselin était un homme de loi assez habile, mais peu considéré; il

Le commandant Robert avait écouté avec la plus vive indignation la lecture de Tordre qui venait de lui être donné sous le couvert de l'autorité civile. Il le communique aux gardes nationaux et aux canonniers qui l'entourent; tous lui répondent : « Nous maintiendrons nos pièces en batterie tant que sonnera le tocsin. » Les trois officiers municipaux insistent, ils rappellent la loi qui confie la police de la cité au conseil général; les 'gardes nationaux, ignorant ce qui se passe à THôtel de Ville, cèdent par un respect aveugle de la légalité et retournent leurs pièces braquées sur la rive gauche. Réduit à l'impuissance, Robert avertit immédiatement le commandant général et lui mande que, si la descente

fut nommé président du tribunal extraordinaire du 47 août, puis député à la convention. Auteur de la loi sur les émigrés, il devint une des premières victimes de son œuvre; arrêté pour avoir donné asile à une émigrée, il fut condamné à la déportation pendant que la malheureuse comtesse de Charry était envoyée à Féchafaud. Il était depuis huit mois à Bicêtre en compagnie des forçats, lorsque le CQmité de sûreté générale eut l'idée de le comprendre dans une conspiratîon de prison. Amené à la Conciergerie et prévoyant le sort qui Tatlcndait, il s'enfonça un clou dans la poitrine, sans réussir à se tuer» Le lendemain, il fut traîné tout sanglant au tribunal révolutionnaire,, et ensuite à Téchafaud (8 messidor an ii, — 28 juin 4794).

Hu était un épicier; il fut élu, peu de temps après le 40 août, juge de paix de la section du Panthéon français. Mais, devenu suspect à son tour aux ultra-révolutionnaires, il fut jeté dans les prisons, à la fin de 4793, et y resta jusqu'à la mort de Robespierre.

Baudouin était l'imprimeur de la Législative, comme il Favait été de l'Assemblée constituante, comme il le fut de la Convention. Après le 40 août, il se retira prudemment de la politique, et, sachant se plier aux circonstances, il continua à imprimer tous les actes législatifs qui lui étaient envoyés.

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