‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 135 sur 262 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIL

Ville. Ils ont dû se rendre aussi auprès des citoyens qui composent Tattroupement pour les rappeler à la loi. Dans tout Paris, on bat la générale, ou du moins des rappels très-précipités; un citoyen (mais ce fait n'est nullement officiel) a annoncé qu'une section du faubourg Saintr-Antoine a pris un arrêté pour déclarer qu'elle ne reconnaît plus ni municipalité, ni département, ni Assemblée nationale. Un grand nombre de citoyens armés se proposent, dit-on, de venir au corps législatif demander la déchéance du roi, et se promettent de ne pas quitter les environs du lieu des séances que cette déchéance n'ait été prononcée. Le maire est dans ce moment aux Tuileries avec plusieurs officiers municipaux. Il n'y avait, d'ailleurs, presque personne sur la place de la maison commune lorsque nous l'avons traversée. Dans toutes les rues par lesquelles nous avons passé, tout était fort tranquille. Il y a lieu de croire que si l'Assemblée se montre avec force, si elle prend une mesure vigoureuse, le calme pourra se rétablir. »

Le président répond : « L'Assemblée saura s'élever à la hauteur des circonstances. » Mais , par le fait , l'Assemblée ne fait rien et se borne, sur la motion de Marans, à expédier aux représentants absents l'ordre de se rendre immédiatement à leur poste. Puis, on reprend purement et simplement l'ordre du jour, comme s'il n'y avait rien de plus urgent que d'entendre des rapports sur des aliénations de biens nationaux.

Mais bientôt se présente une nouvelle députation de la municipalité; elle est, cette fois, spécialement com-< posée des amis du maire, et vient faire part à l'Assemblée

trois heures, se refusait à prendre aucune décision ; mais il s'agissait de sauver le populaire Pétion, on ne discute plus, et le décret suivant est sur-le-champ adopté et expédié :

<f Du 40 août 4792.

a Sur la motion d*un membre, l'Assemblée nationale décrète que M. le maire de Paris se rendra à l'instant à sa barre ;

« Décrète, en outre, que ce décret sera porté sup-lechamp à M. le maire, et remis à l'instant par un des huissiers de l'Assemblée, qui se fera accompagner de deux gendarmes nationaux.

« Tardive AU, ex-président; « Lecointe-Puyraveau, Tronchon, secrétaires. »

Au moment même où l'on prétendait qu'il était gardé à vue dans le Château comme un otage précieux, Pétion se promenait dans le jardin des Tuileries avec Rœderer, qui était venu le rejoindre. Lorsque les premiers sons du tocsin se font entendre, il affecte une tranquillité parfaite. « J'espère, dit-il au procureurgénéral-syndic, qu'il n'y aura rien ; des commissaires sont allés au lieu du rassemblement. » Survient le ministre de la justice, Dejoly, qui, de la part du roi, demande au maire d'autoriser la fermeture des portes de la terrasse des Feuillants. Pétion y consent et se dirige vers la terrasse pour donner lui-même les ordres ; mais

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