‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 137 sur 262 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIL

breuse*, recueille les nouvelles qui lui sont apportées par quelques-uns de ses membres, accepte des dons patriotiques» entend des rapports Sur une nouvelle banque à fonder, sur les brevets d'invention, sur la suppression de la prime accordée pour la traite des nègres ; reçoit des dénonciations contre le maire de nous ne savons quelle bourgade, accusé d'être en correspondance avec les émigrés ; écoute de longues adresses, que lui envoient des sociétés patriotiques allemandes qui l'adjurent de s'unir pour sauver la France 2. Certes, rien ne pouvait venir plus à propos, mais l'Assemblée ne comprend, ni les avertissements qui lui arrivent de loin, ni ceux qui lui sont transmis par les autorités qui siègent à sa porte. En effet, la lettre suivante est apportée au président :

a Paris, le 40 août 4792, 3 heures du matin.

« Monsieur le président,

« La section des Tuileries, assemblée en armes, a l'honneur de vous informer qu'elle a autorisé M. de La Roche à ne plus reconnaître l'état-major, mais qu'elle veille à la sûreté de l'Assemblée nationale et que ses canons ne peuvent être mieux placés que dans la cour

4 . « L'Assemblée n*est pas composée de plus de cent cinquante membres, » dit le rapport de Blondcl, daté de trois heures quarante minutes, inséré dans fa Revue rétrospective, p. 356.

2. Nous puisons ces détails et ceux qui suivent dans le compte rendu du Journal des Débats et Décrets, p. 444, n® 320, et dans le Logographe, p. 9, 40, 44. — Ces détails, en réalité insigniÛants, donnent aux délibérations de TAssemblée législative, durant la nuit du 9 au 4 0 août, une étrangeté que l'historien ne doit pas oublier de signaler.

ses HISTOIRE DE LA TERREUR.

des Feuillants, qui est une des issues de l'Assemblée na-*

tionale.

« Le président de la section des Tuileries,

« Bonjour*. »

4 . Ce Bonjour était un comnais du ministère de la marine, que Bertrand de Molleville avait chassé de ses bureaux. (Voir les Mémoires de Bertrand de Molleville, t. IX, p. 409.) 11 présidait encore le comité de la section des Tuileries lorsque , quelques heures plus tard , les prisonniers qui se trouvaient au corps de garde des Feuillants, et notamment Suleau, furent livrés à Théroigne de Méricourt et aux assassins qui l'accompagnaient. La section des Tuileries tenait ses séances dans Féglise des Feuillants, et son comité dans l'une des salles de ce couvent.

La let(re de Bonjour, que nous venons de citer, concorde parfaitement avec celle que le commandant de bataillon de La Roche écrivait au même moment à Pétion. Ces deux documents, qui montrent dans quel état de désorganisation étaient tombées les autorités civiles et militaires, même celles chargées plus spécialement de la sûreté do l'Assemblée, se corroborent ainsi l'un par l'autre.

Monsieur Pétion j maire de Paris,

«Monsieur le maire,

ff C'est avec la plus grande con6ance que je m*adresse à vous, pour que vous ayez la bonté de m'éclairer sur la conduite que je dois tenir dans la circonstance délicate et désagréable dans laquelle je me trouve.

a La section des Tuileries m'a notiûé un arrêté qu'elle a pris dans sa séance de ce soir, par lequel elle me défend de recevoir et exécuter aucun ordre de Tétat-major, qu'elle a déclaré, par un arrêté antérieur, avoir perdu sa confiance.

a Je reçois, dans le moment, des ordres de BI. Mandat, commandant général, pour faire rappeler dans l'étendue de la section.

« Honorez-moi , je vous en supplie, de votre conseil , et vous obligerez celui qui est avec respect,

« Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

« De La Roche. »

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