‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 138 sur 262 · LITRE VIL S · texte numérisé non relu

LITRE VIL S

Peu de temps après, le ministre de la justice paraît à la barre et annonce officiellement à l'Assemblée, au nom du pouvoir exécutif, les événements qui semblent se préparer, « Le roi vient d'être informé qu'il s'était élevé des doutes sur la liberté de M. le maire de Paris au château des Tuileries; Sa Majesté a vu avec plaisir M. Pétion et M. Roederer se rendre auprès de sa personne ; elle me charge de venir déclarer que, loin de souffiîr qu'il soit porté atteinte à leur liberté, il a recommandé qu'honneur et respect leur fussent rendus dans toute sa maison.. • »

La réfutation des mensonges insinués par Pétion, soutenus si affirmativement par ses amis, était complète; mais personne ne la relève.

« Messieurs, reprend Dejoly au milieu du plus profond silence, le roi saisit cette occasion pour rendre un nouvel hommage à la Constitution. » — Point d'applaudissements. — « Le roi est informé qu'il existe au faubourg Saint^Antoine un rassemblement, résultat de provocations antérieures ; quoique sa contenance ne soit pas inquiétante, il n'en est pas moins contraire au bon ordre, puisqu'il n'a pas été autorisé par les autorités constituées. D'après les détails que j'ai reçus, on doit se porter chez le roi et à F Assemblée nationale. Je prie l'Assemblée de prendre de promptes mesures pour prévenir les désordres qui pourraient suivre cette démarche. »

« Il y a des lois contre les rassemblements , s'écrie François de Neufchâleau, c'est au pouvoir exécutif à les faire exécuter. — Il est prudent, ajoute Vergniaud, avant de prendre des mesures quelconques, de connaître le

compte que ia municipalité doit rendre sur l*état actuel de Paris. » Cette motion dilatoire est adoptée, et la séance est suspendue ^.

Comme on le voit par la communication de Dejoly à rAssemblée, on était, pendant les premières heures de la nuit, assez rassuré au Château 2. Mais l'inquiétude ne tarda pas à y renaître, et certes Tabandon dans lequel se .trouvait la monarchie menacée était trop manifeste pour que la famille royale ne dût elle-même pressentir les approches du naufrage.

{ . Il était cinq heures du matin. — Logographe, p. 12.

2. Tous les rapports que Rœderer reçut du secrétaire général du département, Blondel, et qui ont été insérés dans ia Revue rétrospective^ L P' de la 2« série, p. 355 et suivantes, sont généralement d'une nature peu inquiétante. En voici un dernier qui n'a pas été donné par la Revue rétrospective :

« Nos observateurs nous rapportent les détails d'une très-longue tournée dont ils reviennent; ils ont vu les faubourgs Saint-Denis et Poissonnière, la Halle, les rues Saint-Honoré, de la Ferronnerie, de la Verrerie, Saint-Antoine, jusqu'à l'entrée du faubourg. Ils ont va partout sur leur passage beaucoup de gardes nationales sous les armes, parmi lesquels bon nombre de gens armés de piques. A l'entrée du faubourg, ils ont vu quelques hommes qui paraissaient encore vouloir ameuter le peuple et Texciter, mais inutilement ; ils n'ont pu pénétrer plus avant; mais d'autres que nous attendons sont allés jusqu'au fond du faubourg; en revenant, ils ont passé par la rue Saint- Antoine, la rue de Fourcy, le pont Marie, dont ils ont trouvé la tète garnie par un corps de gardes nationales; la Grève, où peu de monde s'était rassemblé, les quais remplis de gardes Tiationales, le

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