‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 168 sur 262 · Mémoires de Barbaroux, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Barbaroux, p

5. Cette section tenait ses séances dans l'église Saint-André-des- Arcs.

3. Barbaroux avait recommandé aux Marseillais de ne pas se meltre à la tète des colonnes parisiennes dans les défilés des rues et surtout aux abords du Château , dont ils ne connaissaient pas les avenues. Quant à lui et à ses amis, Rebecqui et Pierre Baille, par des motifs de convenance singulièrement allégués dans un pareil moment, ils déclarèrent qu'ils étaient obligés de renoncer à Thonneur de conduire au feu leurs compatriotes, parce qu'ils étaient les représentants officiels de la ville de Marseille et du département des Bouches-du-Rhône. — (P. 6a et 67 des Mémoires de Barbareux.)

hauteur du Pontr-Neuf. Le passage des ponts a lieu sans obstacle, comme celui de Tarcade Saint-Jean^, grâce à la complète désorganisation du plan de défense préparé par Mandat^.

La première colonne d'insurgés qui parait, vers huit heures, au Carrousel, est commandée par le greflSer Westermann et l'architecte Lefranc ^. Elle se dirige tout droit vers la porte de la cour royale.

Les cours intérieures étaient déjà fort dégarnies. Il

4. L'arcade Saint-Jean, encastrée dans les bâtiments de THôtel de Ville, était alors le seul passage par où Ton pût pénétrer de la rue Saint-Antoine sur la place de Grève; Mandat avait donc fait surveiller d'une manière toute spéciale ce poste important. L'arcade Saint-Jean existe encore, mais elle est englobée dans les bâtiments de FHôtel de Ville agrandi et sert d'entrée particulière au préfet de la Seine.

5. Les abords des Tuileries furent rendus libres aux insurgés parla gendarmerie ù cheval, qui abandonna précipitamment son poste de la cour du Louvre pour se retirer d'abord au Palais-Royal, et ensuite se diriger vers la place Louis XV, où nous la retrouverons plus tard.

3. II est assez intéressant de savoir quel fut le sort de ces deux chefs de l'insurrection. La biographie de l'un d'eux est assez connue; celle de l'autre l'est beaucoup moins.

Westermann, né à Molsheim. (Alsace), en 4764, avait figuré, en 4788, dans des émeutes à Haguenau. Venu à Paris pour y chercher fortune, il se lia d'amitié avec Danton, devint un des admirateurs les plus enthousiastes de Pétion, fut, après le 40 août, nommé commissaire du nouveau pouvoir exécutif, puis adjudant général à Tannée des Ardennes (44 septembre 4792), et général de brigade ,^ le 45 mai 4793. Suspendu de ses fonctions le 40 juillet suivant, réintégré et envoyé dans la Vendée, mis de nouveau en suspicion comme ami de Danton, arrêté et traduit avec lui au tribunal révolutionnaire, il fut guillotiné le 46 germinal an ii (5 avril 4794), et figure sous le n« 567 de la liste générale.

Lefranc ne joua qu'un rôle très-obscur pendant la tourmenta révo-

Ih.

Page 1