‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 188 sur 262 · LIVRE VIIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIIL

<( Ce sont, dit-il, ]es nouveaux magistrats du peuple qui se présentent à votre barre. Les circonstances commandaient notre élection; .notre patriotisme nous en rendra dignes. Législateurs, nous venons ici, au nom du peuple, concerter avec vous des mesures pour le salut public; Pétion, Manuel, Danton, sont toujours nos col* lègues, San terre est à la tête de la force armée. . •

« Le peuple, qui nous envoie vers vous, nous a chargés de vous déclarer qu'il vous investissait de nouveau de sa confiance; mais il nous a chargés en même temps de vous déclarer qu'il ne pouvait reconnaître pour juge des mesures extraordinaires, auxquelles la nécessité et la résistance à l'oppression l'ont porté, que le peuple français, VOTRB SOUVERAIN et le nôtre, réuni dans ses assemblées primaires ^. »

Le président Guadet répond :

a Messieurs, fidèles à leur devoir, les représentants du peuple maintiendront jusqu'à la mort la liberté et l'égalité... Vous avez voulu vous porter vous-mêmes aux lieux où le péril était le plus grand : ces sentiments vous honorent; V Assemblée applaudit à votre zèle; elle ne peut voir en vous que de bons citoyens jaloux de ramener la paix, le calme et V ordre. . . L'Assemblée vous invite à retourner A VOTRE POSTE, car vous tiendriez peut-être, dans ce moment, à insulte qu'on vous invitât à la séance. »

4 . Le caractère de ce discours est complètement altéré dans le trèsbref et très-incomplet résumé qu'en donne le Moniteur. Nous suivons la version du Logographe, p. 39, 40, et celle du Journal des Débals Gl Décrets, p. 46S.

Ici, le président s'interrompt pour faire lire aux pétitionnaires les décrets rendus depuis le matin ; puis il les conjure lui-même de les présenter au peuple.

Un membre de la députation, Léonard Bourdon, prend à son tour la parole, non pour remercier les représeiH tants du peuple de l'accueil en quelque sorte fraternel dont ils viennent d'honorer, en se déshonorant euxmêmes, les usurpateurs de la Commune, mais pour rendre, à la face de la France et du monde entier, la législature complice de leur usurpation.

« Le peuple de Paris, dit-il, craint la calomnie. Nous vous demandons de vouloir bien nous permettre d'a[>porter demain sur le bureau le procès-verbal de cette journée mémorable pour le faire passer aux quarantequatre mille municipalités. »

On applaudit; le président renouvelle ses instances pour obtenir la liberté de Pétion, car l'Assemblée, toute souveraine qu'elle est , n'ose pas lever la consigne qui retient enfermé à l'hôtel de la mairie le magistrat que les chefs de l'insurrection déclarent eux-mêmes vouloir conserver à leur tête.

« Vpus nous avez parlé de Pétion, s'écrie Guadet, mais Pétion est consigné dans son hôtel. Il ne peut porter au peuple des paroles de paix. Vous savez que Pétion est nécessaire au peuple. »

La Législative, par ses supplications encore plus que par ses votes, reconnaissait ainsi l'usurpation des soidisant commissaires des sections; elle n'avait plus qu'à la sanctionner par un décret formel ; c'est ce qu'elle (ait

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