LIVRE VIII
qui vieot de s'accomplir et à satisfaire ceux qui en ont été les auteurs ou au moins les complices. C'est encore Ghoudieu qui se charge de la proposition : « Je demande, dit-il, que les fédérés, qui sont accourus de leurs départements pour nous défendre et qui nous ont si bien défendus aujourd'hui, soient payés des frais de leur voyage et reçoivent leur solde à compter du jour de leur arrivée à Paris. »
L'octroi de cette demande ne pouvait souffrir de difficulté ; l'Assemblée se hâte de récompenser les Marseillais de la peine qu'ils se sont donnée à renverser la constitution, et de leur fournir les moyens de rester à Paris, aussi longtemps qu'il plaira à la démagogie de les y retenir pour achever son œuvre de destruction politique et sociale.
Il faut aussi se venger des magistrats qui ont osé remplir leurs devoirs en poursuivant l'enquête sur les événements du 20 juin, et dont certains représentants ont pu craindre un instant d'avoir à subir les mandats d'amener. L'Assemblée n'hésite pas à casser les juges de paix ^ légalement élus par les citoyens de chaque
4. Les plus courageux de ces magistrats périrent victimes de leur dévouement.
Etienne Lariviôre, de la section Henri IV, qui avait lancé des mandats d'amener contre Merlin, Chabot et Bazire, dans Taffiaiire du comité autrichien, fut massacré à Versailles, le 9 septembre, avec les prisonniers de la haute-<our.
Bttob et Bosquillon, le premier du fiiubourg Poissonnière, le deuxième de TObeervatoire, qui étaient soupçonnés d'avoir des relations avec k cour, furent massacrés à l'Abbaye, le 2 septembre.
Fayel, de la section du Roi-de-Sicile, qui avait reçu des déposin S3
seclioQ et à ordonner qu'il soit immédiatement procédé à leur réélection ou à leur remplacement.
Il faut enfin songer aux frères et amis qui gémissent dans les prisons de l'aristocratie. Le fameux Saint-Huruge, le compagnon de Santerre au 20 juin, était détenu depuis un mois à Péronne sous la prévention d'avmr cherché à répandre des calomnies contre Luckner et les autres généraux ; un rapport fait d'urgence par le comité de législation ordonne qu'il sera mis sur-le-champ en liberté et que le comité sera chargé d'examiner la conduite du juge de paix qui a osé attenter à la liberté d'un aussi honorable citoyen.
Certains incidents de la séance du 10 août ont été habilement exploités par les écrivains ultra-révolutionnaires, qui en ont pris texte pour vanter outre mesure la générosité et le désintéressement de la populace victorieuse. Nous ne voulons pas les passer sous silence, nous nous garderons bien cependant de leur attribuer une
lions importantes relatives au 80 juin, et qui avait fiait prendre à cette section le courageux arrêté du 8 août, mourut sur l'échafaud le 19 décembre 4793.
Bertrand de Molleville fiait périr, le 40 août, le juge de paix des Tuileries, Meiyaud, qui avait également tenu une conduite tràs-hooorable au SO juin ; mais c'est une erreur, car nous avons retrouvé plusieurs écrous au nom de cet honorable magistrat à des dates posté* rieures. Ces écrous constatent que, si Menjaud ne périt pas, il fut longtemps traîné de prison en prison.