SECTION DU PONT-NEUF
Séance du 2 août 1792.
« Une députation de la section de Mauconseil a été introduite; elle a demandé à faire part à l'assemblée de Tarrété pris par ladite section, ainsi que son adresse aux citoyens de Paris. Pendant la lecture de la première partie, qui a été couverte d'applaudissements et de murmures, le président a consulté
rassemblée pour savoir si la lecture serait continuée, oui ou non. Les débats les plus vifs ayant eu lieu et tous les citoyens abandonnant leurs places « le calme n'a pu se rétablir dans l'assemblée. Les députés ayant voulu se retirer en ont été empêchés par une partie des citoyens et vivement invités par d'autres à sortir. Nombre de citoyens ont marqué, par les murmures les plus violents, leurs sentiments contre l'imprimé laissé sur le bureau.
« Les députés de la section Mauconseil s'étant retirés, le calme s'étant rétabli, un membre a demandé la parole pour parler contre le président sur ce qu'il avait mis aux voix si la lecture dudit écrit serait continuée, et ajoutant que c'était une injure faite à la section Mauconseil que de n'avoir pas voulu entendre paisiblement son arrêté. Il a conclu par engager tous les citoyens qui étaient de son avis à se transporter sur-lechamp à ladite section pour lui en faire réparation, et il est en effet sorti sur-le-champ, suivi de plusieurs citoyens. Le calme s'étant enûn ré^Ii, le président a demandé à être entendu sur l'inculpation qui venait de lui être faite ; il a été écouté dans le silence. Plusieurs citoyens ont annoncé que l'assemblée restait composée de cent quarante citoyens actifs, qu'elle était toujours compétente pour continuer la délibération. Plusieurs membres ont de suite émis leur opinion sur l'écrit déposé sur le bureau par les députés de la section Mauconseil et, après plusieurs avis l'assemblée, consultée par son président et résumant les motions des divers opinants, a arrêté que l'écrit intitulé : Extrait du registre de la section Mauconseil, et commençant par ces mots : L'an quatrième de la liberté, le 31 juillet, rassemblée réunie, et finissant par ceux-ci : Dumoulin, président, serait dénoncé à l'accusateur public pour poursuivre les fauteurs, imprimeurs et adhérents, comme tendant à soulever le peuple contre les autorités constituées; qu'au préalable il serait nommé cinq députés pour s'informer si ledit arrêté était réellement de la section Mauconseil. Et ont été nommés commissaires à cet effet : MM. César Mattets, Preault,. Saint-Martin, Duru, adjudant, et Duvergier. »