LIVRE V
j'attends qu*i] lui plaise de recevoir les éclaircissemeDts qu'il exige de moi, et, œmme d'autres devoirs non moins importants me rappellent au poste que j'ai quitté, je désire vivement que l'Assemblée nationale veuille bien bftler le moment de m'entendre et me rendre la liberté de retourner à mes fonctions.
« Je suis avec respect, etc.
« Signé : Bureaux de Pusy, capila
au corps du génie.
c Paris, le 29 juillet 4792, l'an iv de la liberté. »
L'ami du général La Fayette est immédiatement reçu à la barre. Après avoir produit toute la correspondance échangée depuis un mois entre Luckner et La Fayette, il exprime le regret d'être obligé de convaincre d'imposture des législateurs; et, faisant allusion au rôle qu'il eut l'honneur de jouer à l'Assemblée constituante, il termine ainsi l'exposé de sa conduite : « Je déclare à mes accusateurs qu'ils ne parviendront pas à me faire oublier que, dans cette même enceinte, à cette même place, j'ai, le premier de tous les Français, contracté l'engagement solennel de maintenir de tout mon pouvoir la liberté de mon pays et la constitution qu'il s'est donnée. S'ils sont en état de m' enseigner bien des choses que je ne désire pas savoir, je puis du moins leur en apprendre une que, sans doute, ils ne connaissent pas assez : c'est le respect qu'on doit à son serment. »
De très-vifs applaudissements retentissent dans une grande partie de l'Assemblée. On demande l'impression de cette harangue si nette et si ferme. Elle est décrétée
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avec la condition réclamée par Bureau^ de Pusy luimême, que les secrétaires signeront et paraferont comme lui ne varientur les pièces de sa justiBcation, qu*il dépose entre leurs mains. Quand il s'assied au banc des pétitionnaires admis aux honneurs de la séance, Tami de La Fayette est salué des acclamations de la droite et des huées des tribunes. On demande le rappel à Tordre des spectateurs, o Laissez-les, dit dédaigneusement Fressenel, leurs murmures improbateurs complètent la justification de M. Bureaux de Pusy^. »
Après un moment de tumulte, Lasource prend la parole, non pour discuter « la prétendue justification qui vient d*étre présentée, » mais pour maintenir ce qu'il a avancé.
o Si quelque chose, ajoute Guadet, était capable de m'étonner dans la démarche de M. Bureaux de Pusy, c'est que cet ancien député n'ait pas eu le temps, pendant sa carrière politique, d'apprendre que ni les menaces ni les injures ne sont capables de détourner un véritable ami du peuple de faire, son devoir ; je le remercierai au nom de T Assemblée...
a — Non, non ! crie la droite.
(( — Je le remercierai au nom de l'Assemblée... »
On interrompt encore, et trois fois de suite Guadet répète la phrase aux applaudissements de la gauche et des tribunes ; mais comme les murmures redoublent, il se décide à dire :
tt Je le remercie au nom de la nation... « — Non, non, vous n'avez pas le droit de parler au nom de la nation.