‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 43 sur 262 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

roi. Ces <rf»enrations ne furent pas écoulées ; la majorité, qui aTaiipeorderîQvasion des « chevaliers du poignard, » adopta avec empressement la proposition de Fauche t. Dès lors, les émeutiers Turent maîtres d'un des principaux abords des Tuileries. Ils se tenaient en permanence sur la terrasse des Feuillants, insultant les promeneurs qui avaient encore Taudace de se risquer dans le jardin, mesurant des yeux les dernières lignes de défense que la royauté pouvait encore leur opposer.

Cette victoire de Fauchet fut suivie d*un nouveau triomphe remporté par la gauche en faveur des tribunes, ses 6dèles alliées. Celles-ci avaient été si tumultueuses et si insolentes le 21 juillet, que la droite crut pouvoir tenter un suprême effort pour réprimer leur tyrannie toujours croissante.

Le lendemain piéme de ce jour, Deusy, Tun des constitutionnels les plus considérés et les plus courageux, réclame des mesures pour réduire les spectateurs au silence. Cette proposition est naturellement accueillie par les plus violents murmures de la gauche. Tome demande le renvoi de la proposition à Tinquisition de Portugal. Choudieu déclare « qu'elle ne peut venir que de députés « qui oublient le respect dû au peuple, leur souverain et « leur juge... »

 ces mots éclate un tumulte effroyable que le président, Aubert-Dubayét, ne peut parvenir à dominer. Estce que vous avez peur, lui crie-t-on? « Quand vous aurez « mon courage, vous pourrez parler ainsi, » répli(|ue à Tintemipteur celui qui devait, un an plus tard, s-illnstrer par la défense de Mayence.

La droite, craignant de succomber eo insistaDi pour Tadoption de nouvelles mesures, (temande seulement que Voa fosse imprimer et placarder de nouveau, dans les tribunes, la loi qui interdit toute marque d'improbatîoD ou d'approbation. On lui refuse cette satisfaction presque dérisoire ; F Assemblée passe à Tordre du jour motivé sur Texistence de la loi, et consacre ainsi la dominatîoD qui tous les jours s'appesantissait sur elle.

Le 22 juillet fl avait été rendu, sur la proposition de Lacroix, un décret ainsi conçu :

« L'Assemblée nationale décrète : l*que M. Bureaux « de Pusy sera tenu de comparaître à sa barre, pour « rendre compte, en ce qui le concerne, du Gadt dénoncé « par M. Gensonné, relatif au projet de Gaiire marcher « les deux armées sur Paris ; 2* que MM. Luckner et La a Fayette donneront séparément et par écrit des explica- « tlons positives sur le même (ait, et que copie de la « dénonciation leur sera envoyée avec le présent décret. »

Jusqu'au 28 juillet, en dépit des vives et incessantes réclamations des Jacobins et de leurs amis, on ne s'occupa point de La Fayette au sein de l'Assemblée. Enfin ce jour-là, le président reçut la lettre suivante :

« Monsieur le président,

« Je me suis rendu à Paris aussitôt que j'ai pu me conformer au décret du corps législatif qui m'y a mandé;

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