‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 46 sur 262 · LIVRE Y · texte numérisé non relu

LIVRE Y

Le 11 juillet, sur le rapport fait par Héraut t-Séchelies, au oom des comités militaire et diplomatique et de la commission extraordinaire, l'Assemblée avait prodamé la patrie en danger. Cette déclaration était accompagnée de deux adresses : Tune à Tannée, rédigée par Vaublanc; l'autre aux Français, due à la plume de Vergniaud.

Les formalités de la transmission du décret au pouvoir exécutif, au directoire du département et à la municipalité ayant pris plusieurs jours, ce ne fut que le

subalterne de général de l'armée de réserve que Ton devait réunir à Châlons-sur-Marne. Peu après (23 septembre) il fut mandé à Paris et eut à subir plusieurs interrogatoires devant les comités réunis de surveillance et de la guerre. Au bout de trois mois, la Convention déclara dédaigneusement qu'il pouvait se retirer où bon lui semblerait.

Le vieux général se réfugia dans le petit village de Benamenil près de Lunéville, mais ses ennemis l'y découvrirent, le firent arrêter, traduire au tribunal révolutionnaire et condamner à mort (15 niv<yse an ii ). Le plus acharné de tous était le fameux prince Charles de Hesse, si connu par ses dénonciations incessantes contre les généraux qui Tavaient eu sous leurs ordres. Nous avons retrouvé la lettre que cet ex-prince adressait à Fouquier-Tin ville, t Citoyen, tu es surchargé d'affaires, et tu pourrais peut-être ff oublier ou perdre de vue ma déclaration. Je te dénonce donc « formellement Tex- maréchal Luclcner comme complice de La- « fayette, de Capet, et surtout de Narbonne, et je m'ofifre à prouc ver. Luckner est en ce moment dans les prisons de Paris. Ton t concitoyen, Charles Hesse. »

dimanche 22 et le lundi 23 que le décret fui promulgué dans Paris. Ces deux jours-là, à six heures du matin, le canon d'alarme du parc d'artillerie établi sur le Pont- Neuf annonça, par une salve de trois coups, la sinistre proclamation; toute la journée, il ne cessa de retentir d'heure en heure. Pendant ce temps, le rappel était battu dans tous les quartiers, et deux cortèges officiels parcouraient la ville.

En tête de chaque cortège marchait un détachement de cavalerie avec trompettes, tambours, corps de musique, et six pièces de canon. Puis apparaissaient achevai douze officiers municipaux; derrière eux était déployée une bannière tricolore, sur laquelle on lisait : Citoyens, la patrie est en danger !

Au milieu des places, dans les carrefours, sur des amphithéâtres préparés d'avance, se dressaient des tentes ornées de banderoles tricolores et de couronnes de chêne : une planche, posée sur des caisses de tambours, était destinée à servir de bureau pour l'inscription des volontaires. En arrivant à chacun des endroits désignés, le cortège s'arrêtait, le drapeau tricolore était agité, les tambours exécutaient un roulement; un officier municipal lisait l'Acte du corps légijslatif. Le gros du cortège reprenait ensuite sa marche, laissant les gardes nationaux de l'arrondissement déposer leurs drapeaux sur l'amphithéâtre et former un grand cercle, au milieu duquel se rangeaient les volontaires à mesure qu'ils s'étaient fait inscrire. Durant les deux journées, les officiers municipaux suffirent à peine à recevoir les engagements.

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