‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 73 sur 262 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

indiquait. Nous veDOOs vous demander justice de ces assassins. Les gardes nationales de Paris ont bien su vous défendre jusqu'à présent, n'exigez pas de nous de voir de sang-froid, sous nos yeux, les meurtriers de nos frères*. »

La lecture de cette adresse fut interrompue presque à chaque phrase par des cris : Ce n'est pas vrai ! que proféraient les tribunes au paroxysme de la fureur. Lorsque l'orateur arriva au récit de la mort du garde national Duhamel, un misérable eut l'infamie de s'écrier : a Tant mieux^! »

L'Assemblée était profondément indignée; mais la Montagne, depuis plusieurs heures que cette scène de meurtre s'était passée, avait pris le soin de se munir de témoins en sens contraire. Elle les fait immédiatement paraître à la barre pour contre-balancer les témoignages des victimes elles-mêmes. Ils sont trois! L'un d'eux déclare qu'étant de garde au Château « des grenadiers, barbouillés de boue exprès, sont entrés sans carte chez le roi; » que celui-ci, la reine et les dames d'honneur ont affecté de donner de grands soins aux blessés. Un

4. Nous avons retrouvé la minute mômo du discours qui fut prononcé au nom des grenadiers du bataillon des Filles-Saint-Thomas. Cette minute contient une phrase que les rédacteurs jugèrent proba^ blement eux-mêmes trop vive et qu'ils effacèrent. Malgré la surcharge, Dous avons pu la lire; elle était ainsi conçue :

c La garde nationale est en armes; elle ne les déposera que lorsque vous aurez délivré la capitale de cette troupe effrénée, égarée, qui menace injustement les citoyens dans leurs personnes et leurs pro* priétés. »

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