‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 9 sur 262 · LITRE IT · texte numérisé non relu

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piaido* tranquillaueoU deTant le peuple français, le pour et le ooDtre dans le giand prooès qui s'agîlait depuis

Ce fut le 30 juin que Pastoret et Jean Debiy présentèrenU au nom de^ Douze^ le tableau isirâà^ de la situatioD et la série des mesures à prendre en cas de danger de la pathe. Quoiqu'ils parlassent Fun et Tautre au nom de la même commission, les deux orateurs firent passn* dans leurs rapports les idées et les aspirations des partis auxquels diacun d'eux apparlenaiL

Psastoret énuoMnit q les maux dont la France était accablée, les uns naturellement issus d'ime grande révolution, les autres indépendants de cette révolution; ceux-ci provenant de la conduite des autorités constituées, ceux-là de la conduite des dlovens... » Glissant rapidement sur les événements de juin, pour lesquels il avait pu faire admettre quelques paroles de blâme^ il annonçait qu'il serait ultérieureuient proposé diverses mesures propres à remédier au déplcurable état des choses. — On comUerait les lacunes du Code pénal. On réprimerait les excès des tribunes; les représentants porteraient un costume distinctif. Quant à Tarmée, die pourrait être mise plus vite «i âat de résister à Tennemi, si r Assemblée y envoyait des commissaires * diai^gés, non

4. Telle fàt Forigiiie des finnenx représeDtuts du penple avx armées. Cootrairement à Topiiiion commune, la passée en est due à la LégislatiFe et à nn d^Mté de la droite, à Rutorei, qui certes ne sa d(«tait pas qii*il proposait une me>are éminemment révotntkmnaire. et qu'il rpfDettait aux mains du pouvoir législatif le maniement el la direction snpième des aflairas militaires.

de commander et de remplir des fonctions qui n'appartenaient qu'aux agents du pouvoir exécutif, mais de vériâer quel était l'état des approTisionnements, et ^e recueillir tous les renseignements nécessaires à ia surveillance des actes administratifs et à la confection de bonnes lois militaires; on examinerait encore avec soin si les généraux devaient conserver le droit de pétition.

En ce qui concernait les troubles religieux, le rapporteur promettait que très-prochainement une loi nouvelle serait préparée pour remplacer celle que le souverain refusait de sanctionner; il annonçait aussi un décret dans le but, non d'anéantir les sociétés populaires autorisées par la Constitution, mais d'empêcher qu'elles ne pussent entraver directement ou indirectement l'action des autorités constituées.

Le rapport de Pastoret était uue véritable homélie qui ne concluait à rien et laissait tout dans un vague désespérant, un programme compendieusement élaboré des matières dont la commission extraordinaire et TÂssemblée, sous son inspiration, auraient successivement à s'occuper à leur loisir. Mais ce loisir, quand viendrait-il? les événements qui se pressaient laisseraient-ils aux législateurs optimistes le temps d'élucider, de débattre et de résoudre toutes les questions qui venaient d'être si complaisamment énumérées?

Quoique l'orateur eût cherché à tenir la balance égale entre tous les partis, en atténuant leurs fautes réciproques, quoiqu'il n'eût mis, dans son tableau de la situation du royaume, que des couleurs ternes et des teintes à demi eiEacées, la gauche voulait refuser à son rapport

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rbonneiir très-hanal de TenTOÎ aux quatre-Tingt-irois dêpanefoeols. il £adlut une disciisskm ec un Tote pour Tobleoir.

Bien autrement net et accentué était le rapport de Jean Debry, qui avait été diar^ spécialement de poser la question ca|Nlale du uKunent, celle du danger de la patrie.

Le député montagnard soumit à TAssemblée neuf articles très-positifs , très-énergiques, que nous Terrons bientôt convertir en loi.

Sur la proposition de Ver^iaud. la discussion sur les deux rapports fut renvoyée au 2 juillet ; mais à raison de divers incidents, elle ne put être reprise que le 3.

L'Assemblée avait reçu, la veille, des dépêches oflicielles et des lettres privées qui lui annonçaient la retraite de Tannée du Nord. Luckner se repliait sur Lille et Valenciennes, paree que, disait- il dans son rapport, il n*avait pas trouvé en Belgique la sympathie populaire qu'on lui avait promise, et qu'il ne pouvait plus tenir devant un ennemi trop nombreux. Les nécessités de la guerre avaient obligé Tarmée française à incendier, en se retirant, les faubourgs de Courtrai. On était sous le poids des émotions produites par ces fâcheuses nouvelles et par les accusations de trahison que lançaient déjà les Jacobins contre plusieurs généraux de Tannée du Nord, lorsque, la séance à peine ouverte. Ton vit Vergniaud gravir lentement les marches de la tribune.

n HISTOIRE DE LA TERREUR.

Ah ! » dans ce moment il lui avait été donné de percer les ToOes qoî envelopfxaieiit un avenir, hélas! bien piDcbain ; s'A avait pu se douter que les insurgés du 10 août et le bourreau du 21 janvier viendraient tirer les conséquences Ic^ques des prémisses qu'il allait poser ; s'il avait pu s'entendre lui-même prononcer successivement , au mnn des Assemblées législative et conventionnelle , la dédiéance , Temprisonnemeot et la mort de Louis XYI ; si un pouvoir magique eât tout d^un coup déroulé sous ses yeux les sanglantes catastrophes dont ses amis et luimême étaient destinés à devenir les témoins, les acteurs et les victimes : certes il eut reculé ! Mais Thomme est condamné à marcher en aveugle à travers le dédale de la vie et à ne voir le précipice ouvert sur la route qu'au moment m&ne où il y tombe.

Yei^niand, dans ce discours fameux, véritable réquisiUHre de la république contre la royauté , s'élève , pour Tart et le pathétique, à la hauteur des plus beaux modèles que nous ait transmis Tantiqiiité. Il égale en éloquence les orateurs qui prononcèrent jadis les Philippin qaes et les Catilinaires; mais du tonnerre de sa parole il ne frappait ni un astucieux politique ni un audacieux conspirateur, il frappait un roi honnête homme, faible et indécis, qui avait horreur du sang et qui, au dernier moment, plutôt que de le répandre, se livra lui-même à ses ennemis.

Le député girondin entre rapidement en matière :

Nos armées reculent, éclairant leur retraite de l'incendie de Courtrai. Tout mouvement de nos troupes parait suspendu au moment même oii les Autrichiens menacent

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(TeoTahir la froDtière du Nord el où les Prussiens accoureot sur le Rhio. A riotérieur. reffnresœDœ grandil sans cesse, prédpitanl la nalioQ Teis une crise terrible, c Que dcNl faire TAssemblee? Que lui commaDde la nécessité? Que lui permet la Constitution? Cest ce que se propose d'examiner le représentant du peu(de, impassible devant les baïonnettes comme devant les calomnies. >

Vei^iaud . surexcité par les applaudissements de ses amis, laisse le lorrent de son éloquence bondir jusque sur le trône el submei^r la royauté.

a C'est ou ffu>m du roi que les princes français ont tenté de soulever contre la nation toutes les cours de F Europe, c'est pour venger la diginité du roi que s^est conclu le traité de Pilnitz. et formée Talliance monstrueuse entre les cours de Vienne et de Berlin; c*est pour défendre le roi, qu*on a vu accourir en Allemagne, sous les drapeaux de la rébdlion, les anciennes compagnies des gardes du corps ; c'est pour venir au secours du roi que les émigrés sollicitent et obtiennent de l'emploi dans les armées autrichiennes, et s'apprêtent à déchirer le sein de leur patrie ; c'est pour joindre ces preux chevaliers de la prérogative royale que d'autres preux, pleins d'honneur et de délicatesse, abandonnent leur poste en présence de Fennemi, trahissent leurs serments, volent les caisses, travaillent à corrompre les soldats, et placent ainsi leur gloire dans la lâcheté, le parjure , la subornation, le vol et les assassinats! C'est contre la nation ou IWssemblée nationale seule, et pour le maintien de la splendeur du trône, que le roi de Bohême et de Hongrie nous fait la guerre, et que le roi de Prusse marche vers nos fron-

tières; c*est au nom du roi que ia liberté est attaquée, et que, si Ton parvenait à la renverser, on démembrerait bientôt l'empire pour indemniser de leurs frais les puissances coalisées... Enfin, tous les maux qu'on s'efiforce d'accumuler sur nos têtes, tous ceux que nous avons à redouter, c'est le nom seul du roi qui en est le prétexte ou la cause. »

La situation ainsi définie, Yergniaud ne procède plus par affirmations catégoriques, mais par insinuations et par hypothèses :

a Si à cent mille Autrichiens, à cent mille Prussiens, n'étaient opposés que des détachements de dix, de vingt mille hommes ; si les préparatifs nécessaires pour repousser une invasion prochaine étaient faits avec trop de lenteur ; si les précautions prises pour arrêter l'ennemi au cœur du pays n'étaient point acceptées; si l'un des généraux commandant la défense était suspect et l'autre contraint à ne pas vaincre; si enfin il arrivait qu'ainsi la France nageât dans le sang, que l'étranger y dominât, que la Constitution fût ébranlée, que la contre-révolution fut là et que le roi vous dît pour sa justification :

tt II est vrai que les ennemis qui déchirent la France prétendent n'agir que pour relever ma puissance qu'ils supposent anéantie, venger ma dignité qu'ils supposent flétrie, me rendre mes droits royaux qu'ils supposent perdus ; mais j'ai prouvé que je n'étais pas leur complice. J'ai obéi à la Constitution qui m'ordonne, par im acte formel, de m'opposer à leurs entreprises, puisque j'ai mis mes armées en campagne. Il est vrai que ces armées sont trop £aibles, mais la Constitution ne désigne pas le degré

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