‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 91 sur 262 · LIVRE VL · texte numérisé non relu

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du département, et que, (Vailleurs, Tappareil inusité dont on voulait entourer celte promulgation, pourrait provo^ quer des rassemblements et des agitations.

On a déjà pu le remarquer souvent, dès qu'une section se mettait en évidence par quelque mesure audacieuse ou excentrique, deux ou trois autres essayaient de faire plus de bruit encore, en lançant des motions plus folles et plus démagogiques. Ainsi, le Marché des Innocents avait pris l'initiative de l'adresse à l'armée ; la Fontaine de Grenelle avait demandé que la déchéance de Louis XVI fût décrétée par l'Assemblée nationale ; Mauconseil avait, de sa propre autorité, déclaré le roi déchu, et fixé le jour où la déchéance effective serait obtenue par une démonstration armée. Il était difficile d'aller plus loin.

Les Quinze-Vingts avaient promis leur concours à cet acte audacieux ; mais, le A. dans la soirée, Osselin et quatre autres commissaires de la commune vinrent leur lire une lettre, dans laquelle le maire adjurait les patriotes de ne se livrer à aucune démarche inconsidérée, jusqu'à ce que l'Assemblée nationale se fût prononcée sur la pétition qu'il lui avait lui-même présentée au nom des quarante-huit sections de Paris.

Les révolutionnaires du faubourg Saint-Antoine étaient, au fond, blessés de ce que ceux du centre de Paris eussent osé leur disputer un privilège qu'ils

croyaient s'être acquis par trois ans de services démagogiques : celui de décréter toutes les émeutes. La section des Quinze-Vingts n'aurait évidemment pas fjit le moindre cas des pacifiques conseils de la municipalité s'ils avaient été donnés contre un de ses propres arrêtés et non contre celui d'une rivale. Mais une occasion lui était offerte de prouver que, sans elle, rien ne se pouvait faire, et qu'elle seule était capable d'entraîner ou de retenir à son gré les masses populaires; elle la saisit avec empressement. Paraissant céder à la prière de Pétion, elle daigna déclarer « qu'elle renonçait à l'arrêté pris par elle la veille au soir pour le rassemblement du 5, qu'elle patienterait

en paix et en surveillance jusqu'au jeudi suivant, onze heures du soir, pour attendre le prononcé de l'Assemblée nationale; mais que, si justice et droit n'étaient pas faits au peuple par le corps législatif, une heure après, à minuit, le tocsin sonnerait, la générale serait battue et tout se lèverait à la fois. »

Des commissaires furent envoyés au faubourg Saint- Marcel et aux Marseillais, afin de communiquer cette décision aux citoyens précédemment convoqués pour le 5. Quant au comité insurrectionnel, qui avait transporté successivement ses conciliabules au Soleil d'or^ au Cardran bleu et chez Anthoine (de Metz), il ne mit aucune opposition à l'ajournement de l'insurrection ; Alexandre lui avait fait savoir que ses hommes hésitaient, et Santerre était ou se disait malade*.

1 . Le procès-verbal des Quinze-Vingts du 6 août porte ce qui suit • « Il a été arrêté que M. Santerre voudra bien faire constater légale-

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