‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 114 sur 249 · LIVRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX

iDulte effroyable qu'entretiennent le continuel va-et-vient des députations, le cliquetis des armes, les harangues désordonnées des sectionuaires, les clameurs de'la multitude qui se presse au dedans et au dehors, on discute les ''xioyens de sauver la patrie.

Voici /Ceux que propose un des orateurs : « Que tous les bons patriotes qui se trouvent réunis dans la salle de la rue Saint-Honoré se divisent en deux troupH^ dont Tune se portera sur la Convention pour se débarrasser de ceux qui ont refusé de voter la mort du roi ; l'autre, au ministère des affaires étrangères, où sont assemblés les membres du Pouvoir exécutif, pour y faire maison nette. » Un autre, plus modéré, veut qu'on se borne à mettre en état d'arrestation les ministres et les membres du côté droi[t. Sur ces entrefaites arrive Dubois-Crancé qui, quoique montagnard détermilé, adjure ses collègues du club de repousser les motions incendiaires. Les afiidés du comité d'insurrection, voyant que la masse des jacobins hésite à donner le signal, quittent le club et courent aux Cordeliers qui siégeaient sur la rive gauche de la Seine, près de la raç^aint-Ân(|pé-<les-Arts.

Ils y trouvent des dispositions plus énergiques. A leur demande, cette société prend un arrêté qui invite les autorités parisiennes à s'emparer de l'exercice de la souveraineté et à mettre en arrestation les membres de la Convention traîtres à la cause du pays * . Fournier l' Améri-

^ 4. Rapport du ministre de la justice du 13 mars. Discours de Dubois-Crancé également à la séance du 43 mars.

cain et Varlef , deux des principaux conjurés, s'emparent de cet arrêté aussitôt qu'il est libellé et vont le porter à la Commune. Le Conseil général ne pouvait être que trèsilatté de la confiance que lui témoignaient les conjurés; mais, dans l'exposé que lui font ceux-ci de leurs moyens d'action, il ne voit pas des éléments de succè^.suffisants et refuse de prendre au mouvement populaire la part que le comité de la rue Saint-Honoré lui avait réservée. Quatre sections seulement^ adhèrent à rarrêté||le la société des Cordeliers et adoptent une adresse préparée d'avance où il est dit : a Que l'évacuation de la Belgique est l'œuvre de la faction impie qui paralyse la Convention nationale et déchire le sein de la République ; que les succès des ennemis de la France sont dus au trattre Dumouriez et aux menées odieuçes des Roland, des Brissot, et de leurs amis; qu'il faut donc s'en débarrasser à tout prix. »

Pendant ce temps, la Convention avait ouvert sa séance du soir et recevait les députations de diverses

i. Ces sections étaienl Mauconseil, les Lombards, le Théâtre- Français et les Quatre-Nations. A ce moment (une heure du matin )^ elles ne comptaient que très-peu de membres présents. Une délibération ultérieure de la section du Théâtre-Français reconnaît que l'assemblée ne se composait que de vingt individus lorsque fut adoptée l'Adresse présentée par Yarlet. Il avait dû en être de même dans l trois autres sections.

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sections qui venaient protester de leur zèle pour le recrutement. Mais le concours de ces députalions, presque toutes fort nombreuses, accumulait une multitude d'hommes armés autour de TAssemblée. Il était dès lors fort aisé aux conjurés de profiter du désordre et delà nuit pour exécuter leurs desseins contre les membres du côté droit.

11 n'y avait, du reste, dans la salle que fort peu de députés, les convocations ayant été faites très-tard*.

Les Montagnards, qui étaient initiés aux projets des conjurés, les Girondins, qui les soupçonnaient, s'étaient, bien qu'ils ne se fussent fait aucune confidence, arrêtés au même parti : s'abstenir de paraître ce soir là à l'Assemblée.

Réunis chez Pétion, les amis de M™** Roland sont informés d'heure en heure des violentes motions discutées aux Jacobins. Apprenant qu'une foule nombreuse assiège les portes de la Convention , ils veulent épargner un. crime au peuple de Paris en ne donnant pas tête baissée dans le piège qui leur est tendu.

Quant aux Montagnards, ils accordent bien leur consentement tacite à l'expédition projetée contre leurs adversaires, mais ils ne veulent pas avoir l'air d'y participer. Ils laissent agir les enfants perdus de la démagogie, sauf à les désavouer s'ils échouent, sauf à profiter de leur audace s'ils réussissent.

A peine le président est-il monté au fauteuil qu'il

4. D'après les mémoires inédits de Fockedey, député du Nord, e nous avons eus à notre disposition, il nV avait pas dans la salle eux cents conventionnels.

«,)i; HISÏOIHK l>K LA TKUUKLK.

rinlôivl lie sii gloire iiiônie est attaché au succès de nos

H Mais il ne faut pas fixer ses regards sur un fait isolé, sur un individu; en examinant la marche de la Révolu- Iknu on s'a|>oivoit aisément que tous nos malheurs sont ms Jo la même cause, de Tindulgence criminelle que l\m a loujoui*s eue pour les ennemis du bien public, iHHir iK^ oi-ilevant privilégiés, pour des riches. Ils ^vliai^vm au glaive de la loi, et la nation ne sait pas oiuxHV si ivlle classe orgueilleuse doit ou non courber le ft\uU sinis le niveau de l'égalité. Il faut faire la guerre avec M^uour» uviv audace même, mais il faut la finir bientôt. ta j*uorri^ ne [nnit [)as être longue. Il est un terme aux ^j^nnluvs d*une nation généreuse; mais, si on veut obtewir ^k^ suiHVS rapiiles, si Ton veut que les tyrans soient w\MU|*UMuent ivnvei^sés, il faut changer le système actuel vK^ ^mvornonuMU; il faut que l'exécution des lois soit v\v»Uuv <\ une commission fidèle, d'un patriotisme épuré, uoo vxuunùssion si siiix> (juc l'on ne puisse plus cacher v^ U^ ^Ivuwontion ni le nom des traîtres, ni la trame des

vs tiu\^ que le gouveinement ne sera pas ainsi mis xoW'N l\vU NÎ^ilaul de la nation, au dedans les mouve- ^^H^U \K^ TansItHi^alie se perpétueront, sans que le iN^uvÎN^ Hi M^s jvpivsenlants s'en doutent; au dehors, les x\K\\\x ^K^ uvvs aruuvs nous seront faslueusement annon- ^^\xx ^K^^" vKMiiitos dissimulées d'après les procédés de i\uK'M» i\x»uu\ Uap|H*lez-vous les rapports qui nous x^^N^»'» K^^*^ "^^^^^ '^"* généraux avant le retour de Danton vH nK" I<h^x^\* \^ ^*^'"** ^'*^ '^'^*'' arrivée, nous étions

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