Rapport du ministre de la justice du 43 mars
2. Voir le récit de Fournier à la barre de la Convention, Journal des Débals et Décrets, n° 76, p. -1 64, séance du 45 mars. Le Moniteur^ n* 76, mentionne à peine la comparution de Fournier et ne rapporte rien de sa déposition.
ils restent lidèles au programme que leur ont tracé les auteurs du manifeste. Ils se dirigent vers les imprimeries des journaux girondins^ y pénètrent de force, dispersent les caractères, saccagent meubles et marchandises, manifestent hautement Tintention de faire un mauvais parti è tous ceux qui voudraient tenter de mettre obstacle à leurs déprédations. Gorsas, spécialement désigné aux vengeances populaires, traverse, non sans peine, un pistolet à la main, les flots pressés de^^j^eux qui ont violé son domicile ; il saute par-dessus les murs de son jardin et se réfugie à sa section, où il réclame protection et assistance*.
Les mégies violences, les mêmes pillages se commettent de l'autre côté de là Seine dans les ateliers ou s'imprime la Chronique^. Des feuilles girondines, les émeutiers veulent passer aux journaux qui cherchent à louvoyer entre les deux partis et n'ont ix)int encof^ franchement arboré l'étendard démagogique. Ils se dirigent vers les ateliers où s'impriment le Moniteur, les Révolutions de Paris et quelques autres. Mais les nombreux ouvriers attachés à ces entreprises ont eu le temps de se mettre sur leurs gardw, et leur itttitude énergique fait reculer les dévastateurs.
Pendant ce temps, il y avait foule aux Jacobins. Lii puissante société recevait les bataillons de volontaires qui avaient demandé la permission de défiler devant elle et de lui présenter leurs hommages. Au milieu du tu-
I. Kapport du maire de Paris du 10 mars, i. L'imprimerie de Gorsas était établie dans la rue Tiquetonne, celle de la Chronique dans la rue Serpente.