‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 125 sur 249 · LIVRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX

participer à des décrets utiles et de ne pouvoir s'opposer à des décrets mauvais, ils se Souviennent que leur absence a été le salut de la patrie.

c( Je me résume. Ce soir, organisation du tribunal, organisation du pouvoir exécutif; demain, mouvement militaire. Que demain vos commissaires soient partis, que la France entière se lève, coure aux armes, marche à Tennemi. Que la Hollande soit envahie, que la Belgique soit libre; que le commerce de l'Angleterre soit ruiné; que les amis de la liberté triomphent; que nos armes , partout victorieuses , apportent aux peuples la délivrance et le bonheur, et que le monde soit vengé, w

Danton descend de la tribune au bruit des plus vifs applaudissements. Mallarmé demande que la séaace soit déclarée permanente, mais, qu'à raison de la fatigue extrême des députés, elle soit suspendue pour quelques instants. Billaud-Varennes propose que Ton accorde la priorité au projet de Lindet. ,

L'Assemblée adopte ces deux motions. La séance >' ^-

reprend à neuf heures du soir pour continuer sans interruption jusque à sept heures du matin.

Tous les articles du projet de Lindet sont successivement mis aux voix et adoptés. Deux questions seulement soulèvent quelques débats : l'une relative à la définition des crimes qui doivent être de la compétence du tribunal, l'autre relative à l'établissement du jury.

Parmi les divers amendements proposés, il faut remarquer celui présenté par Robespierre. Comme tout ce qui sort de la plume du bilieux tribun, il est le reflet de ses haines particulières :

« Le tribunal révolutionnaire est chargé de poursuivre : i"" les auteurs' des écrits qui attaquent le principe de la liberté, qui cherchent à réveiller le fanatisme de la royauté, qui apitoient le peuple sur le sort du tyran ; 2"" les administrations de département qui , au mépris des lois, se sont permis de faire marcher des bataillons de gardes nationales contre Paris. »

Cette rédaction naturellement ne satisfait pas l'Assemblée ; elle renvoie au comité de législation tous les amendements proposés et lui donne la mission de définir d*^une manière claire et précise le crime indéfinissable de contre-révolution.

Duhem demande que l'on revienne sur la décision prise la veille de faire juger par un jury les individus traduits au tribunal.

La droite réclame l'appel nominal sur cette proposition. « Il faut, s'écrie Laréveillère-Lepeaux , que l'on sache quels sont ceux qui veulent que le pouvoir national soit exercé par toutes les sections de l'Empire et non par une section particulière, par une fraction qui la tyrannise.

— Oui, ajoute Vergniaud, il faut faire connaître ceux qui se servent continuellement du mot de liberté pour l'anéantir. »

Thuriot présente alors un amendement destiné, selon lui, à concilier toutes les opinions. Il propose de conserver le jury, mais en imposant à ses membres l'obligation de délibérer à haute voix. C'était dénaturer dans son essence même l'institution du jury; c'était livrer le sort des accusés, non plus à la conscience des jurés.

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