LIVRE XXVI
pule de s'emparer du plus important 4es comités de la Convention par ut vote auquel avaient pris part moins de trois cents membres; le 2&, elle veut frapper de nullité rélection d'un président, quoique le nouveau scrutin ait réuni 60 voix de plus que le précédent. Celte fois, la majorité se montre intraitable, et repousse, par trois votes successifs, les réclamations des énergumènes de Textréme gauche *.
Ce succès encourage la Gironde. Ëllenavait juré de se venger sur Pache de la défaite de Roland ; elle redouble donc ses attaques contre le ministre de la guerre.
Pache était, il faut en convenir, très-vulnérable. Chaque jour on apportait à la tribune les preuves les plus palpables de son impéritie et de son ignorance. Les plaintes arrivaient du Nord et du Midi, des généraux comme .des commissaires de la Convention. Sieyès venait de faire un rapport très-savant mais très-peu pratique sur l'organisation à donner au ministère de la guerre. La Convention consacre plusieurs jours à la discussion de ce rapport et des contre-projets qu'il suscite. Invariablement, tous les orateurs déclarent qu'il est
i . Le lendemain Marat, dans sa feuille, le PtUflicisle français, se répandait en invectives contre le nouveau président, en reproches contre ses propres amis. « Ils sont, disait-il, trop sujets à s'oublier à table au lieu d'être à leur poste. »
Le Moniteur, fidèle à ses habitudes de prudence, glisse assez légèrement sur tous les détails de la séance du 24 janvier au soir. Il n'indique pas même quel était le concurrent de Rabaut Saint-Étienne. L'omission, certainement calculée, du nom de Danton empêche de comprendre pourquoi les Montagnards firent éclater une si vive colère à l'annonce du résultat du scrutin.
urgent de mettre (in à l^anarchie que présentent les bureaux existants, anarchie entretenue par i*ineptie du chef et par la profonde incapacité des collaborateurs dont il s'est entouré.
Douze membres avaient été, depuis plus de deux mois, adjoints au comité de la guerre pour examiner spécialement la conduite de Pache. Mais le rapport dont ils étaient chargés ne s'achevait pas, et les choses empiraient avec une efifrayante rapidité. Les généraux écrivaient que leurs armées manquaient de vivres, de fourrages, de souliers. Camus déclare à la Convention que Pache, pressé par le Comité de défense générale de lui envoyer la copie des ordres qu'il a transmis aux administrations chargées de l'approvisionnement des troupes, a été obligé de reconnaître qu'en donnant ses instructions, il n'a oublié qu'une chose : y comprendre Tarmée de Belgique, la plus importante de toutes.
« Pache est inepte ou criminel, s'écrie Salles; peutêtre est-il l'un et l'autre! La Commission des douze, à laquelle vous avez renvoyé l'examen de tout ce qui le concerne, vous proposera un acte d'accusation, si elle a des preuves de ses intentions criminelles; mais, dès ce moment, qui doute de sa profonde incapacité ? »
Marat seul, dans ce moment décisif, se porte le défenseur du ministre. Barère lui-même voit qu'il est temps de sacrifier le protégé des Jacobins. De concert avec Camus, il introduit dans le projet de réorganisation des bureaux de la guerre une disposition qui, par le caractère tout à la fois de personnalité et d'urgence